‹ Vingt années de rectoratChapitre 40 sur 112 · LA JEUNE FILLE INSTRUITE · texte numérisé non relu

LA JEUNE FILLE INSTRUITE

n'aurez plus que du dédain pour ce qui rabaisse ou ce qui souille, réservant vos estimes et vos admirations pour cette unique beauté intérieure, immatérielle, que l'Ecriture nous dit être une beauté royale : omnis gloria filiœ régis ab intus.

Voilà votre profit à vous. Mais ne vous avais-je pas d'abord parlé d'apostolat? Il serait si égoïste de n'apprendre et de ne savoir que pour soi ! Et, en effet, n'avez-vous pas près de vous et autour de vous qui peut et veut partager ce grand bien avec vous?

C'est la famille premièrement. Qu'ils sont heureux, veuillez le croire, qu'ils sont heureux et fiers les hommes à qui Dieu a donné dans une femme éclairée, cultivée, instruite, non seulement une compagne toile quelle de leur existence, mais la copartageantc de leur vie intellectuelle, associée à leurs pensées comme à leurs affaires, capable de leur être une lumière en même temps qu'un charme, un secours et un repos ! Je ne dis pas assez : plus attachés à leur foyer, ces hommes seront par là plus attachés à leurs devoirs, et ils ne seront pas seulement plus heureux par vous, mais meilleurs. N'êtesvous pas tentées, Mesdemoiselles, d'être les ouvrières d'un aussi bel ouvrage?

Maintenant, si de la famille je passe à la société, à la société d'élite de laquelle vous êtes, n'est-il pas vrai, Mesdemoiselles, que, grâce à votre instruction, vous pourrez apporter aux conversations sérieuses de votre entourage une oreille intelligente sinon une éloquente parole? Que dis-je? Cet entourage lui-même de parenté ou d'amitié n'aura-t-il jamais à profiter, pour la direction de ses jugements ou le redressement de ses pensées, de l'inspiration autorisée d'une personne instruite, qui a le droit de parler parce qu'elle sait ce qu'elle dit? Enfin le niveau de l'entretien, le niveau de la vie, ne s'en trouverat-il pas relevé, fond et forme, dans le même milieu; et ne sera-ce pas un honneur et un charme de plus que vous devront une grande ville et un noble pays?

Evidemment, Mesdemoiselles, je ne puis qu'effleurer ces choses. Aussi bien, c'est plus haut que je voudrais porter vos regards en finissant. Savoir pour soi, c'est bien; savoir pour les autres, c'est mieux; mais savoir pour Dieu, pour Dieu!

Page 1