‹ Vingt années de rectoratChapitre 39 sur 112 · ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR DES FILLES · texte numérisé non relu

ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR DES FILLES

puisque, comme je viens de dire, le Seigneur voulut que le jour de la Pentecôte, les saintes Femmes et les Filles de Jérusalem fussent présentes au Cénacle, Marie au milieu d'elles, ne serait-ce pas pour vous enseigner, Mesdemoiselles, que vous aussi vous devez avoir votre part d'apostolat dans le monde? Et, pour moi, ne serait-ce pas l'invitation et l'occasion de vous rappeler quels fruits semblables vous devez recueillir de votre instruction, soit divine, soit humaine, pour la gloire de Dieu et le salut de son peuple?

A quoi donc vous serviront, vous êtes-vous demandé peutêtre, ces études supérieures auxquelles vous vous êtes rendues si nombreuses, si assidues et si attentives, en ce lieu? Quel emploi allez-vous faire de cette richesse nouvelle à laquelle vous attachez justement un si haut prix? Permettez-moi, Mesdemoiselles, de vous le dire en trois mots, que votre mémoire retiendra d'autant facilement que ces trois mots se ressemblent.

La jeune fille d'abord, pour commencer par son propre avantage à elle, trouvera dans son instruction premièrement une culture : culture de ses plus hautes facultés d'intelligence, d'imagination, de goût, dont les branches ensuite, tout chargées de fleurs et de fruits, s'étendront des choses d'études à toutes les choses de la vie. Que ne puis-je vous le démontrer, comme je le sens, comme je le vois?...

Dans le trésor de son instruction, la jeune fille trouvera de plus une parure, c'est la seconde chose. Et, croyez moi, Mesdemoiselles, cette parure est la seule qui soit capable d'ajouter à votre beauté morale et à votre distinction. Mais, prenez-y garde, cette parure il vous faudra la porter modestement. L'instruction, chez la femme, ne doit rayonner que comme rayonne une lumière dans un vase d'albâtre, laquelle transparaît sans paraître, et («claire sans éblouir.

Enfin la jeune fille se fera de son instruction une armure, armure contre l'oisiveté et la frivolité. Lesbons livres sont bonsen cela d'abord qu'ils préservent des mauvais. In de leurs bienfaits à votre égard sera de créer en vous un idéal supérieur, idéal non seulement littéraire, mais moral; et là, sur ce sommet, de vous placer si fort au-dessus de la vulgarité, si fort au-dessus de la poussière et de la bagatelle, à plus forte raison, si fort au-dessus de la lange, que de cette élévation vous

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