INSTALLATION DE M* LE RECTEUR
bras droit et notre principal auxiliaire. Avant que le Conseil supérieur des Evêques et le Saint-Siège luimême les eussent récompensés par une marque insigne de leur confiance, nous connaissions de longue date vos talents, vos mérites et vos vertus. Ces qualités éminentes qui vous distinguent, vous aurez occasion de les déployer dans votre nouvelle charge. Un vaste champ d'activité est ouvert devant vous. Le Chancelier gouverne et dirige, conseille et inspire, mais n'administre pas. C'est la fonction du Recteur, auquel nos statuts confèrent des attributions très multipliées, très étendues, très importantes. Le corps académique, dans ses rapports incessants avec vous, devra pratiquer cette obéissance chrétienne, si souvent, hélas! méconnue de nos jours. Nous-même vous apporterons le concours dont les prescriptions du Saint- Siège nous font un devoir bien doux à remplir, certes, quand il s'agit de cette Université à laquelle nous avons consacré le meilleur de notre existence, et quand il nous est donné d'avoir des auxiliaires comme vous, Monseigneur le Recteur, et comme les hommes si distingués qui constituent le corps enseignant des Facultés catholiques. Que le Seigneur, dans sa bonté miséricordieuse, daigne bénir nos communs efforts, pour l'accroissement et la prospérité d'une œuvre liée d'une façon si intime aux intérêts les plus chers de l'Eglise et de la France ! »
Lorsque M*r le Chancelier eut terminé son discours, M. le Secrétaire donna lecture du Bref pontifical portant nomination du Chancelier, et du décret de la Sacrée Congrégation des Études approuvant la nomination du nouveau Recteur.
Puis Mgr Baunard s'exprima comme il suit :
« Monseigneur le Chancelier, « Messieurs,
« Vous venez d'entendre la lecture de l'Acte pontifical qui m'appelle à l'honneur d'exercer parmi vous le rectorat de nos Facultés catholiques. Cet honneur, qui est aussi
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une charge à laquelle rien ne m'a préparé, je l'aurais décliné, si on me l'avait fait entrevoir par avance. Il en a été autrement. Après l'élection et présentation de mon humble nom faite par Nos Seigneurs les Membres du Conseil supérieur, laquelle j'ai ignorée, un Décret conforme m'apporta ma nomination. Elle émanait de Rome. Je m'inclinai : je n'avais plus qu'à accomplir la volonté de Dieu.
« Je l'accomplirai par sa grâce, sous la haute et suprême autorité du Saint-Siège, qui a parmi nous son vénéré représentant dans la personne de Monseigneur le Chancelier. Son Excellence sait de quel cœur je me suis associé, dès le premier instant, au concert d'hommages qui ont salué cette promotion, justifiée par plus de dix ans consacrés à la fondation et au gouvernement de cette Université qu'il a engendrée dans le travail et la douleur. Ses lumières et son expérience nous restent. Il voudra bien m'en accorder le secours et le bienfait, en retour de ma respectueuse déférence et de mon fidèle dévouement.
« Cette volonté de Dieu, je l'accomplirai aussi en esprit d'union et d'obéissance à Nos Seigneurs les Archevêque et Evêques de la province, qui sont nos premiers pères. Dans quelques jours, j'irai porter mon hommage à leurs pieds ; et, si mes lèvres traduisent bien les sentiments de mon âme, je leur laisserai l'assurance qu'ils n'ont pas de fils plus dévoués ni de serviteurs plus utiles et plus zélés que vous, et moi avec vous, Messieurs.
« Maintenant ma tâche commence. Mon désir, ma résolution est de mener cet ouvrage, comme Dieu luimême mène d'un bout à l'autre tous les siens : A fine usque ad finem suaviter et fortiter. — Fortiter : Je vous le dois, Messieurs, car vous voulez que votre chef soit vraiment un chef; votre honneur autant que le bien commun le réclame. Mais aussi et en môme temps je mènerai l'œuvre suaviter, parce que c'est l'esprit de mon Maître. Je n'oublierai donc pas que nous sommes une famille, et que nous devons l'être chaque jour davantage. Il y a plus de dix ans que ma main est dans votre main.