‹ Vingt années de rectoratChapitre 60 sur 112 · LE MÉDECIN CHRETIEN · texte numérisé non relu

LE MÉDECIN CHRETIEN

seule capable de lui assurer le respect des autres. Plus spécialement encore vous lui faites une loi de la pudeur et de l'honnêteté dans l'exercice de ses délicates fonctions. Vous appuyant sur la langue française elle-même qui dit les bénéfices du marchand, mais les honoraires du médecin, vous détournez son honneur de tout ce qui serait une basse exploitation des souffrances do notre humanité, l'éloignant en conséquence de ces associations beaucoup plus fiscales que médicales, où la question d'argent est la plus grande affaire. Enfin vous insistez sur ee qu'il doit aux pauvres de désintéressement et de dévouement charitable ; ce qu'il doit à ses confrères de déférence, d'égards et d'assistance fraternelle.

Ainsi l'art de guérir devient-il un art divin. Le premier modèle en est Jésus-Christ lui-même. Et le premier maître en est Celui duquel il est écrit : « Le Très-Haut a créé le « médecin pour nos nécessités. C'est Dieu qui lui a révélé les « remèdes à nos maux, lui qui a donné aux hommes la science « de leur vertu. Honorez donc le médecin : sa science élève sa « tète au-dessus des autres tètes, et il sera exalté dans l'assem- « blée des grands. »

La seconde partie de votre livre, cher monsieur le Doyen. Devoirs spéciaux du médecin, prend son point d'appui dans la morale naturelle expliquée au besoin par les décisions romaines : L 'obstétrique et la morale, Vembryotomie devant les médecins et les théologiens. Le médecin et l'administration du Baptême et des sacrements. Les Certificats et les Conseils d'ordre médical. Le médecin devant les guèrisons miraculeuses, devant les procédures matrimoniales. Crémation et inhumation. De quel intérêt journalier ne sont pas ces questions sans cesse renaissaintes ; et quel intérêt dès lors ne présente pas un livre qui les élucide et précise à la double lumière du bon sens et des décisions ecclésiastiques?

Ce livre n'existait pas encore, que je sache, du moins sous celle forme brève, substantielle, méthodique, complète, où la vraie et sûre doctrine parle le calme langage de la sagesse, de la justice et de l'honneur. Il existe aujourd'hui ; et je serais bien étonné s'il ne devenait, bientôt et partout, l'habituel et indispensable manuel du médecin chrétien au sens pratique de ce nom.

Nos étudiants, qui en ont eu les prémices dans vos leçons, seront aussi les premiers à en recueillir le bienfait : l'ouvrage de leur vénéré maître leur en sera le Mémento per-

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