‹ Vingt années de rectoratChapitre 92 sur 112 · LETTRE DE M«' LE RECTEUR · texte numérisé non relu

LETTRE DE M«' LE RECTEUR

Puissé-je être entendu de ceux qui dirigent la haute éducation intellectuelle, et qui préparent la double culture religieuse et scientifique des temps prochains î »

Que Vos Grandeurs, Messeigneurs. veuillent donc bien prendre la tète de cette nécessaire action, à laquelle tout les convie, et elles auront accompli une des choses les plus utiles qui se puissent faire présentement pour l'Eglise de France. C'est l'humble et ardente prière que je leur adresse en terminant. On a beaucoup dit que l'instruction du clergé était uniquement littéraire dans le petit séminaire, exclusivement théologique dans le grand, mais que. ni dans l'un ni dans l'autre, elle n'était ni ne voulait devenir scientifique : on ne pourra plus le dire quand ce nouvel étage aura enfin complété et couronné l'édifice. Un mouvement ascensionnel se produira chez nous dans le niveau intellectuel, auquel correspondra l'élévation égale du niveau religieux. Nous ne serons plus des étrangers dans cette société contemporaine dont nous aurons épousé les ardeurs légitimes pour tout ce qui fait son effort, son progrès, son admiration et sa gloire. Une meilleure situation peut encore sortir de là pour le sacerdoce, plus honoré et dès lors plus écouté des peuples. L'Eglise recevra de nous des services nouveaux. En nous tenant plus près des esprits, nous serons plus pies des .unes. Dieu rentrant dans la science y fera rentrer avec lui le respect de sa parole, de ses mystères, et de sa loi. La religion mieux défendue en sera plus aimée, la vérité mieux connue, la paix entre les esprits plus possible et plus prochaine. Enfin l'on aura compris qu'au sein de tant de ténèbres amoncelées par la fumée qui monte du puits de l'Abîme, ce n'est pas trop de tous les rayons convergents de la science et de la foi pour éclairer la route qui nous conduit à Dieu.

Page 1