‹ Vingt-cinq années de vie littéraireChapitre 11 sur 144 · I. Amori et dolori sacrum^ p. ai, vli · texte numérisé non relu

I. Amori et dolori sacrum^ p. ai, vli

Je me déchire sur leur beauté... Volupté, douleur ? Je ne sais. Morne insensibilité, exquise émotivité? Je ne veux dire, je ne puis distinguer ^

Croit-on qu^au milieu de ses transports une sensibilité naturelle se pose une pareille demande, s'embrouille entre le morne et l'exquis * ? C'est ainsi que, chez M. Barrés, la raison fait de l'ordre avec le désordre même, substituant, à la sensibilité en détresse, une curiosité implacable. Qu'on relise, en se plaçant à ce point de vue, la Mort de Venise. On sera surpris de voir comment, presque a chaque ligne, dans ces pages admirables, l'atmosphère lumineuse des ta- bleaux, la précision des moindres détails, triomphent sur le vague et le ténébreux du sentiment.

Ce silence (à Venise), à bien Tobserver, n'est pas absence de bruits, mais absence de rumeur sourde : tous les sons courent nets et intacts dans cet air limpide, ou les murailles les rejettent sur la surface de la lagune qui elle-même les réfléchit sans les mêler ^...

Comme on le voit, le remède chez M. Barres, n'est jamais loin du mal. Il faut bien donc que les esthètes

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