‹ Vingt-cinq années de vie littéraireChapitre 10 sur 144 · Du Sang, de la Volupté et de la Mort, p · texte numérisé non relu

Du Sang, de la Volupté et de la Mort, p

qui appartient à la même veine que Du sang^ de la Volupté et de la Mort ^

La puissance de cette ville sur les rêveurs, c'est que dans ses canaux livides, des murailles byzantines, sarrasines, lombardes, gothiques, romanes, voire rococo, toutes trempées de mousse, atteignent, sous l'action du soleil, de la pluie et de l'orage, le tournaïit équivoque où, plus abondantes de grâce artistique, elles commencent leur décomposition. 11 en va ainsi des roses et des fleurs du magnolia qui n'offrent jamais d'odeur plus enivrante ni de coloration plus forte qu'à l'instant oii la mort y projette ses secrètes fusées et nous propose ses vertiges.

« Ivresse », « vertige », poète, poète, laissez-moi me ressaisir et lutter contre la magie de ces grands mots que peut-être vos propres émotions ne parviennent pas â égaler. Je vois bien là un violent effort de volupté cérébrale, mais je ne suis pas sûr que le cœur et les sens aient suivi docilement la consigne du paroxysme que vous leur donniez. En vous relisant, en voyant combien brusquement tombent vos pires transports, je me rappelle un petit mot d'un de vos pères en clairvoyance. « La facilité, — disait le héros de Volupté^ — avec laquelle l'objet lui-même s'affaiblit dans ma pensée me montra mieux la folie de mon transport et combien nous nous créons au cerveau de fausses ardeurs par caprice forcé et à coups d'aiguillon ».

Êtes-vous bien loin vous-mêmes de vous juger de la sorte, vous qui avouez ne plus trop vous reconnaître au milieu de ces débauches et complications sentimentales ?

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