‹ Vingt-cinq années de vie littéraireChapitre 115 sur 144 · M. NAQUET · texte numérisé non relu

M. NAQUET

Avec sa belle voix, un peu lente, chantante, qui découpe les mots et leur donne un accent à la fois chaud et métallique; avec ses magnifiques yeux juifs qui semblent tristes et mouillés de pleurs ; avec ses plis sur le front qui simulent un effort cérébral, tandis que sa pensée, au contraire, se déroule en raisonnements d'une prodigieuse aisance ; avec sa petite taille et, sur un corps insuffisant, sa magnifique tête de grand bouc ; avec un cigare à la bouche, avec ses rires aimables, ou ses « parfaitement ! » « c'est très juste! » qui, sans aucune nuance d'affectation, proclament l'esprit et la clairvoyance de ses moindres interlocuteurs, — cet étrange homme, lucide et aventureux, chétif et infatigable, disait :

Page 1