LES INTELLIGENCES JUIVES
Ces intelligences juives ont un caractère commun que chacun peut distinguer chez les israélites intéressants de son entourage. Ils manient les idées du même pouce qu'un banquier des valeurs. Elles ne semblentpas, comme c'est l'ordinaire, la formule où ils signifient leurs appétits et les plus secrets mouvements de leurs êtres, mais des jetons qu'ils trient sur un marbre froid. Non point qu'ils ne goûtent et ne comprennent l'idéologie, mais elle ne les échauffe pas. L'avantage, c'est que leur jugement reste fort net, sans cette buée que l'enthousiasme met sur la clairvoyance de tant de penseurs. Le juif ne s'attache à aucune façon de voir ; il n'est que plus habile à les classer toutes. C'est l'état d'esprit d'un liomme habitué à manier des valeurs. Le juif est un logicien incomparable. Ses raisonnements sont nets et impersonnels, comme un compte de banque. Prenez VEthique, le Capital, les articles de M. Naquet, il serait infiniment plus difficile de reconstituer la personnalité de leurs auteurs qu'avec aucune œuvre pour d'autres écrivains. Si la biographie de Spinoza par Colerus est exacte, du moins n'est-elle nullement nécessitée par l'œuvre de ce penseur. Sans rien contredire de son éthique, on pourrait imaginer fort différente sa physionomie, — ce que, pour ma part, j'incline à croirez
i; V Ennemi des loie^ p. 170-172»