‹ Vingt-cinq années de vie littéraireChapitre 21 sur 144 · I. V Appel au soldat^ p. a · texte numérisé non relu

I. V Appel au soldat^ p. a

LU

On lui objecte que toute prière est égoïste, et elle répond que la plus sublime prière s'appelle : contemplation. «Invincible égotisme, soupirait jadis M. Barrés, qui me prive de jouir des belles formes ! Derrière elles je saisis leurs âmes pour les mesurer à la mienne et m'attrister de ce qui me manque ^ » En vérité, le danger n'était pas si redoutable que le lui faisait croire une conscience trop timorée. Egotiste ou non a son point de départ — cela n'a pas d'importance — un artiste tel que M. Barrés, dès que l'enthousiasme le soulève, ne saurait manquer de s'oublier soi-même dans la contemplation du « non moi ».

Le merveilleux chapitre sur la Vallée de la Moselle f [L^ Appel au soldat) dans ses parties descriptives, les portraits d'un Boulixn^er [L^ Appel a n Sol' dat), d'un Déroulède, d'un Mores, d'un France (^Scènes et doctrines) les vastes fresques grouillantes du départ de Boulanger pour Clermont, et de l'élection de Paris [V Appel au soldat)^ les journées de caserne d'un volontaire alsacien [Au sefvice de V Allemagne)^ et tant d'autres pages qui sont du meilleur Barrés, respirent une sérénité, un détachement classique. Mais il y a plus impersonnel encore, dans cette œuvre, il y a Leurs Figures.

Qu'on a mal lu ce chef-d'œuvre, et qu'il serait dommage que la postérité regardât M. Barrés comme le Paul-Louis Courier de la troisième république. Ni le parti pris, ni la violence; le livre n'a rien d'un pamphlet. Saint-Simon plutôt, le normalien Sarcey osa ce rapprochement redoutable, un Saint-

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