‹ Vingt-cinq années de vie littéraireChapitre 36 sur 144 · I. Le Voyage de Sparte, p. f · texte numérisé non relu

I. Le Voyage de Sparte, p. f

C'était neuf, dix heures, et déjà le radieux soleil de septembre. Mon père, assis près de Tabime, fumait ses cigarettes devant la plaine sublime d'Alsace; je négligeais les mûres aux ronces, et, surexcité par la solitude, par le silence, par le désastre de toutes ces ogives, je jouissais d'un double songe sur l'espace et sur le passé! O chétif bonheur ! Au bout de trente années, il me porte encore; il ne laisse point que je me plaise dans les théâtres ni dans les salons. Leur encombrement me gêne et me stérilise, quand la solitude toujours me dispose à m'ébranler sous le moindre (?hoc...

Mais écartons ces images qui s'appellent les unes les autres, comme les échos dans la montagne où j'ai ma

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Un de ces matins, à Nuremberg, le plus insignifiant magasin de jouets fit remonter en lui, du profond de sa petite enfance, ses impressions puériles, dont il reconnut qu'elles avaient changé d'objets, mais non pas de qualité. Devant cette vitrine, il se rappela les journées d'étrennes, si vides derrière les tristes vitres de janvier, alors qu'épuisé d'avoir trop désiré les arches de Noé coloriées, il avait connu la désillusion des mains pleines. En étaitil resté ébranlé pour jamais ?... Se sentant à l'étroit dans les bras d'un seul être, il avait voulu entrer en relations avec d'autres hommes, avec tous les hommes. A leur contact, pensait-il, son moi trouverait seulement son aise et son équilibre. Espoir déçu. Aucun des systèmes

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