I. Le Voyage de Sparte, p
Dans TAttique, seule peut-être la petite Daphné me touche, modeste église, fraîche sous des platanes et sur une prairie où des visiteurs assis sont en train de
goûter.
Quand j'étais un petit garçon, j'allais chaque année, le long de la Moselle, à la Saint-Pierre d'Essegney, pauvre fête de village, où, dans une herbe pareille à la prairie de Daphné, il y avait des chevaux de bois, de la fatigue, un malaise d'estomac, du désir sans objet...
Bien chétives images, mais Tune de mes sources et qui s'harmonisent avec le paisible vallon catholique de Daphné *.
Une autre image, une autre source, voulez-vous ? Quand j'avais dix ans, d'une petite ville alsacienne, avec mon père encore jeune, tous deux seuls, le matin, par les longs circuits forestiers, nous montions aux ruines mystérieuses du château d'Andlau ou bien du Spesbourg. Forteresses féodales que j'apercevais continuellement sur la montagne depuis notre jardin, mais qui me semblaient inaccessibles, presque inconnues des hommes, toujours prêtes à loger des puissances redoutables.