I. Un homme libre f p. i
sans cesse derrière moi, je veux que chaque matin la vie ni'apparaisse neuve el que toutes choses me soient un débuta
Laissons-le croître. Il faut que barbarie se passe, et que Philippe achève son tour du monde romantique. Nous Ten croirons mieux lorsque, de retour, il nous dira que seule, sa Lorraine ne l'a point déçu. Qu'il coure donc « s'enfermer dans Venise », « confiant que cette race lui sera d'un bon conseil » ; qu'après Venise — ce encore un citron de pressé » — il aille se déchirer à « la pointe extrême de l'Europe » ; en un mot, qu'il exalte et brise tour à tour les splendides miroirs où il essaiera de se reconnaître ; il aura beau faire, il n'effacera pas de son esprit l'image que lui a laissée le miroir lorrain et qui V immunise d'avance contre les poisons de la route. Cette image le suivra comme un remords au pied des autels barbares, et, aux plus brillantes étapes du voyage, elle hâtera l'heure delà satiété et de l'ennui. Tôt ou tard elle le ramènera, et c'est ainsi qu'il n'aura « tant marché que pour revenir a cette petite plage où naquit sa tendresse ».
Plus que tout au monde, écrira-t-il enfin, j'ai cru aimer le musée du Trocadéro, les marais d'Aigues-Mortes, de Ravenne et de Venise, les paysages de Tolède et de Sparte, mais à toutes ces fameuses désolations, je préfère maintenant le modeste cimetière lorrain où, devant moi, s'étale ma conscience profonde -.