‹ Vingt-cinq années de vie littéraireChapitre 75 sur 144 · I. L* Appel au soldat, p · texte numérisé non relu

I. L* Appel au soldat, p

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Le Général porta son testament chez maître Lecocq, notaire, rue d'Arlon. Il se rendit au cimetière et déposa son bouquet de roses et de reines-marguerites blanches. Il était si fort né avec le désir de plaire qu'il félicita le gardien d'avoir planté un petit sapin dans le sable jaune. Il dit en souriant :

— Dans une année il donnera de l'ombre.

Comme il arrive aux gens braves, s'étant accordé la solution où il penchait, il s'apaisait. Il voyait le bout de sa souffrance. On ne possède aucun détail sur sa dernière nuit^

Sturel voulut mettre dans ses yeux une dernière image du Général. Il cherchait moins à s'assurer le souvenir d'une haute amitié qu'un principe exaltant où il prendrait sans cesse la force de haïr.

Au milieu des fleurs, des bougies dont la flamme attriste la lumière du jour, et près d'une branche de buis bénit, sur un drap blanc, le voilà : lourd, revêtu d'un habit noir, avec la plaque de grand-officier de la Légion d'honneur. Ses mains effrayantes de misère physiologique se croisent sur sa poitrine et au petit doigt de sa main gauche brille un gros anneau d'or. La tête penche un peu à gauche ; les cheveux et la barbe encore épais ont blanchi. Le visage livide, marbré de taches roses,

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