I. L'Appel au soldaty p
niques, soit détruite par le mélange d'espèces disparates. Des groupes abondants de limoniers, d'orangers, de camélias, de camphriers, de magnolias et de cèdres du Liban nous composent successivement l'atmosphère de toutes les provinces du monde méridional.
Je pénétrai sous une haute futaie de lauriers. C'était*, en plein jour, l'ombre la plus saisissante et par quoi s'augmentait encore la noblesse de ces branches sacrées. Noirs rameaux et feuilles lisses ! A mon pas, une vingtaine de colombes se levèrent de terre, mais d'un vol si lourd qu*on eût pu les prendre dans la main. J'en fus beaucoup touché, parce qu'elles me parurent demi-ivres des parfums accumulés sur des terrasses si étroites par tant d'arbres de tous les climats. Cette atmosphère unique dans l'univers semblait les étouffer. Nul aujourd'hui ne se promène sans malaise parmi tant d'essences accumulées par la violence d'un art pompeux. C est le royaume de la fièvre ; c'est une beauté irrespirable *.