‹ Vingt-cinq ans de littérature françaiseChapitre 34 sur 83 · OCCIDENT · texte numérisé non relu

OCCIDENT

Un franc

le Numéro.

Rédaction ; ij. nw Eblé

Couverture de L'Occident

(0 II faut noter encore la Revue Provinciale (1901), constituée à Toulouse par une nouvelle équipe locale et dans laquelle on trouve, entre les noms rencontrés dans les autres revues du temps, ceux de Joseph Bosc, Roger Frêne, Albert Vidal, Antoine Orliac, Louis Payen, Michel Puy, Louis Codet, etc.

LES REVUES LITTÉRAIRES

De 1903 à 1914

Emile Sicard par Alfred Lombard

On estime généralement qu'une génération nouvelle apparaît environ tous les quinze ans. Cela semble vérifié par les faits. Mais il faudrait compter aussi par demi-génération. Après sept ou huit ans, les événements ont marché, l'air de l'époque a changé, et les garçons qui arrivent à la vie, et qui ont dix-huit ans, ne possèdent pas tout-à-fait la même façon de sentir que leurs jeunes aînés de vingt-cinq ans. Ils sont formés par . eux, ils sont fragmentairement pareils à eux, cependant il existe une partie d'eux-mêmes en laquelle s'élabore la génération suivante. Les jeunes gens de 1903- 1908 n'étaient pas tout-à-fait les mêmes que les jeunes gens de 1895- 1900. On 1 distinguait, d'ailleurs, parmi eux plusieurs catégories. Le Symbolisme que l'on avait cru vaincu relevait la tête. D'où La Revue des Idées (Ed. Dujardin), les Écrits pour V Art (René Ghil, Jean Royère, 1904), Vers et Prose (1905), L^.ç Entretiens Idéalistes, La Phalange (1906). Ou bien les nouveaux jeunes

hésitaient entre le Symbolisme et le Naturisme : le Festin d'Esope (Apollinaire, k^o^)), Les Bandeaux d'or (Castiaux, 1907, bientôt unanimistes). On trouvait aussi des jeunes écrivains peu au fait des querelles littéraires de l'âge précédent et envisageant plutôt la littérature comme une sorte de distraction élégante, à la suite d'Henri de Régnier devenu l'un des maîtres du nouveau dandysme {Les Essais, 1904 : J.-L. Vaudoyer, Pierre Hepp, Eugène Marsan, Jacques Copeau, François Fosca, etc.). D'autres, indécis, cherchaient leur voie, les Feuillets littéraires (1905) : Albert de Bersaucourt, Pierre Chaîne, Pierre Leguay, Louis Thomas. Le même Louis Thomas allait fonder Psyché (1906) où écrivaient Henri Gadon, Paul Drouot, Emile Henriot, Maurice de Noisay puis Amaryllis (1908). A Marseille, Emile Sicard fondait Le Feu (1905) qui allait brûler long-

Paul Fort

ANS

Mecislas Golberg

temps, plus longtemps, hélas ! que lui-même. Réunissant tous les écrivains

marseillais : Edmond Jaloux, Francis de Miomandre, Eustache Lascaris, Gilbert

de Voisins, Valère Bernard, y produisant les pages de début de Lucien Rolmer, de Jean de Pierrefeu et créant un véritable foyer littéraire dans la grande cité négociante. Maurice Magre, en 1906, groupait dans le Mouvement, une revue d'excellente tenue littéraire, les meilleurs et les plus connus des nouveaux écrivains.

Le Naturisme avait joué son rôle. Son influence durait. La panthéiste comtesse de Noailles l'avait parfaitement exprimé en poésie. Mais les nouveaux jeunes, la demi-génération nouvelle était à la recherche d'autre chose, d'un dérivé de cette doctrine, d'une variété de cet état d'âme. Du Naturisme il n'était plus guère question, sauf dans un article de Michel Puy (^) {La Revue provinciale, 1902). En 1905, avec un peu de retard, M. Henri

Béraud, dans une revue lyonnaise, la Houle, combattait encore les symbolistes. Dès 1903, Eugène Montfort avait fondé Les Marges qu'il rédigeait seul et

où il entreprenait, avant M. Pierre Lasserre,

le procès du Romantisme, discutait avec

Léon Blum, au sujet de l'Art social que,

quant à lui, il réprouvait et glorifiait à la fois

Paul Claudel et Jean Moréas.

Cependant Jules Romains élaborait sa

doctrine, méditait son unanimisme. Il ne

possédait pas de revue. Mais Louis Aubert

avait créé en 1903 la Jeune Champagne et

l'avait transformée bientôt en Revue littéraire

de France et de Champagne. Ce recueil vivant

comptait parmi ses collaborateurs Élie Faure,

Georges Perrin, Fagus, Edmond Pilon,

Apollinaire, Salmon, etc. On y lisait aussi

des pages de Laurent Tailhade, Louis-Xavier

de Ricard, Humilis, Ernest Delahaye, et ce

mélange d'auteurs anciens et nouveaux était d'un bariolage assez heureux,

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Henri Martineau Charge de Fabrès

(0 « Les tendances actuelles de la jeunesse littéraire se précisent. Ce fut le plus grand mérite des écrivains de la Revue Naturiste que d'avoir, non pas créé, mais retrouvé un mot [qui répondit à ces tendances. Le naturisme est instauré. »

LES REVUES LITTÉRAIRES

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