‹ Vingt-cinq ans de littérature françaiseChapitre 35 sur 83 · MARS · texte numérisé non relu

MARS

Couverture des Soirées de Paris

Couverture du N° i de Vers et Prose

MATURISTA

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Couverture de la Revista Naturista (Voir page 273)

Couverture de La Phalange

certainement artiste. C'est là que Jules Romains publiait ses « récits de la vie unanime » et ses poèmes. Il rattachait Paul Adam à l'Unanimisme (sept. 1906) et rappelait qu'il avait écrit, un an plus tôt, dans le Penseur, sous le titre les sentiments unanimes et la Poésie, un article où il exposait que : « les émotions unanimes n'ont été chantées par personne. Pourtant elles méritent au même titre que les autres l'effort passionné des écrivains. Je crois qu'il y a place dans l'Art pour un unanimisme. » Charles Vildrac, dans un article. Généralités sur la poésie (juin 1906) disait : « Le mouvement jeune s'ébauche... Pour s'en rendre compte, qu'on lise, entre autres, les vers de René Arcos, Théo Varlet, Eshmer Valdor (Mercereau), Georges Duhamel, Jules Romains...» Poètes qu'on devait nommer par la suite les unanimistes. De son côté Jules Romains avait cité Georges Chennevière.

Dans VEjfort de Jean Richard, qui signera plus tard Jean Richard Bloch, dont le i^^ numéro paraît le i^^ juin 1910, on trouve une intéressante controverse sur l'Unanimisme à laquelle prennent part Jean Richard, Jean Thogorma, Gaston Picard, Jean-Marc Bernard. Dans cette même publication débute Emile Herzog qui devait se faire connaître ensuite sous le pseudonyme d'André Maurois. h'Effort deviendra quelque temps après VEjfort libre.

Pendant que V Unanimisme se développe, \t Divan, d'Henri Martineau, voit le jour (1908). Il regroupe la plupart des collaborateurs des Essais. C'est une petite publication très littéraire, de bonne compagnie, et dont le directeur est fervent stendhalien. Elle est élégante et modérée, et accueille volontiers les poètes débutants qui ne chantent pas trop fort. Pan paraît la même année, ainsi que V Oliphant. Francis Carco écrit dans les deux revues. La Revue du temps présent, pâYâit depuis 1906 et durera jusqu'à la guerre. Fondée par Pierre Chaîne, elle est dirigée ensuite par Francis Gaillard, puis par Pierre Lœw. Y collaborent François Mauriac, André Delacour, André Birabeau, Paul Kind, Jean Manégat, Bernard Combette, Henriette Charasson, etc.

h' Ermitage disparaît en 1908. Cette revue, sous la direction d'Edouard Ducoté, avait bien servi les jeunes Lettres, pendant plus de dix années. On trouve à ses sommaires tous les noms qui, alors inconnus du public, sont devenus depuis justement célèbres.

Mais nous voici arrivés à 1909. Il faut s'arrêter à cette année-là. Signalons d'abord la création des Guêpes, de Jean-Marc Bernard. Cette petite revue à couverture jaune débordait d'esprit, et du meilleur. Néo-classique, mais avec talent, avec tendresse, avec poésie, Jean-Marc Bernard combattait le néosymbolisme, tantôt dans des articles critiques, tantôt par des épigrammes amusantes qu'écrivait avec lui son ami Raoul Monier. Publication véritablement jeune, vivante, tout-à-fait aimable.

LES REVUES LITTÉRAIRES

La rédaction de L'Ermitage.

Henri~Ghéon André Gide Charles Verrier Rémy de Gourmont Jean de Gourmont

Ed. Ducoté J. Copeau

(D'après la Revue Illustrée du i^'' mai 1905)

En 1909 la Nouvelle Revue française vient au jour. Ce n'est pas exactement une « revue de jeunes », mais c'est une revue favorable à tout ce qui est jeune, ouverte à ce qui est nouveau. Les fondateurs, MM. Gide, Copeau, Ruyters, Schlumberger, Ghéon, d'une culture raffinée, sauront choisir et retenir le meilleur et le plus rare dans la production des nouveaux venus. D'abord ils restent entre eux, se bornant à appeler quelques poètes, Alibert, Gastilleur, Guy Lavaud, Jules Romains, quelques amis, Jules lehl, Paul Claudel, Paul Valéry, Charles- Louis Philippe qui précisément vient à mourir. La revue, alors, publie un numéro sur l'auteur de Bubu, donne son roman inédit Charles Blanchart, ses Lettres de Jeunesse. Elle multiplie le nombre de ses pages, elle engraisse. En 191 1 : VOtage, de Claudel, Lévy, de Richard Bloch, en igiz, l'Annonce faite à Marie, de Claudel, La Fête arabe des Tharaud, en 191 3, Barnabooth de Valéry Larbaud,Le Grand Meaulnes, d'Alain Fournier. Jusqu'en 1914, la Nouvelle Revue française croît en importance, à cause de l'intérêt des œuvres originales qu'elle présente et qui font oublier l'étroitesse de sa critique, son particularisme confessionnel.

ANS

Avec la Nouvelle Revue française y c'est la Phalange et les Marges que l'on verra à la tête des revues jusqu'à la guerre. Jean Royère, disposant de médiocres moyens, a publié cependant du 15 juillet 1906 au 20 mai 19 14 quatre-vingtquinze numéros de son périodique auquel ont collaboré tous les jeunes poètes et prosateurs de talent du moment. Albert Thibaudet, André du Fresnois, Léon Werth, Edouard Schneider, Henri Franck, Louis de Gonzague Frick y tenaient des rubriques. Ils avaient débuté à la Phalange en même temps que bien d'autres. John- Antoine Nau, Robert Randau, Ricciotto Canudo, Ernest Tisserand, Tristan Klingsor,Paul Drouot, Julien Ochsé, Louis Chadourne, André Spire, etc. y ont écrit régulièrement.

Les Marges, de 1903 à 1908, avaient eu un seul rédacteur : M. Eugène Montfort. Celui-ci à partir de janvier 1909 s'adjoint des collaborateurs réguliers : Guillaume Apollinaire, Marc Lafargue, Louis Rouart, Jean Viollis, Edmond Sée, Emile Vuillermoz, puis Georges Le Cardonnel, Pierre Leguay, Michel Puy. D'autre part Jean-Marc Bernard, Pierre Camo, Louis Mandin, Roger Frêne, André Mary, Vincent Muselli, Jean Pellerin, Fernand Fleuret, Louis Codet, des Ombiaux, Joachim Gasquet, Fernand Divoire, etc. donnent aux Marges de la prose et des vers. La revue s'intéresse à la question du latin, fonde la ligue des Amis du Latin, poursuit des enquêtes sur le Théâtre et le Livre, sur l'Académie, sur les Prix littéraires. Elle est vivante et combattive, et au début de 19 14 marque nettement sa position pour la liberté de pensée, pour la tradition de Rabelais, de La Fontaine, de Vohaire, de Stendhal. La guerre vient interrompre la campagne des Marges.

Elle interrompt en même temps la publication Gay sçavoir auquel collaboraient Dominique Combette, Tristan Derême, Marcel Martinet, Louis Pergaud, GeorgesPérin, Michel Puy, Paul Vimereu, etc. —revue qui avait fusionné en janvier 14 avec Vile sonnante (1), — de la Vie des Lettres, collection anthologique créée par Nicolas Beauduin, des Écrits français, dirigés par Marc Brésil,

(0 Le comité de Vile Sonnante (n» i : novembre 1909) se composait de Carco, Deubel, Roger Frêne, Louîs Mandin, Pergaud, Michel Puy, etc. « Cette revue, y est-il écrit au début, aurait pu aussi bien s'appeler « le Sentiment ». •

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LES REVUES LITTERAIRES

entouré de B. Crémieux, André Dupont, Salmon, Claudien, Allard, Warnod, Jean Paulhan, Gabriel Arbouin, etc., des Lettres, revue catholique (Gaétan Bernoville, René Johannet), enfin des Soirées de Paris, qui fondées et dirigées d'abord par André Billy, devaient ensuite, sous la direction de Guillaume Apollinaire, et avec la collaboration de Maurice Raynal, Biaise Cendrars, Roch Grey, Max Jacob, préluder à la jeune littérature d'après guerre, publiant des « idéogrammes » et des reproductions de tableaux et de statues cubistes.

La guerre interrompt la publication de toutes ces revues, de la jeune activité intellectuelle française. Tous ces écrivains ont l'âge de se battre, on ne les épargne pas, beaucoup sont tués. La génération nouvelle est décimée ; on en verra les conséquences dans le paragraphe suivant (^).

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