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divers sont la parure des journaux. Mais ne citons pas tous les hommes de lettres qui donnent régulièrement des chroniques. Oubien, comme nous l'avons dit déjà, il faudra copier ici les pages d'annuaires où sont inscrits romanciers, dramaturges, historiens et philosophes.
De Mirbeau à Marcel Prévost et de Lucien Descaves aux frères Tharaud, de Laurent Tailhade à Marcel Boulenger et de Frédéric Masson à Fernand
Vanderem, de Camille Mauclair à Pierre Veber, quel homme de lettres n'a point collaboré plus ou moins assidûment à un journal ?
Il faut cependant faire une place à part à trois écrivains que les journalistes journalisants feraient peutêtre quelque difficulté à reconnaître pour leurs confrères, mais qui lais-
DE WaLEFFE
Emile Vuillermoz
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LE JOURNALISME ET LES JOURNALISTES
seront une trace durable. Ce sont Alfred Mézières, Ernest Daudet, Henry Roujon. Celui-ci n'a guère laissé que des recueils d'articles. Les deux autres avaient eu le loisir de composer, en outre, des ouvrages de longue haleine, mais tous trois publiaient dans les journaux quoi ? des critiques, nullement; des chroniques, à peine; en vérité, des essais. Ils savaient beaucoup et instruisaient, sous une forme aimable, et en peu de lignes, des lecteurs moins érudits. Ernest Daudet et Alfred Mézières s'attachaient surtout à l'histoire politique. Henry Roujon aimait les portraits, anciens et modernes. Encore quelques lustres et lui aussi sera un historien, dont on sera tenu de relire les pages vives et pimpantes, toujours sûrement informées. Et comme il comprenait bien le journalisme ! « Un article ne se fait pas à la loupe, en laissant tomber les mots un à un, comme des gouttes d'émail sur des paillons préparés d'avance. Si la page, noircie en hâte sur un coin de table, est destinée à devenir une œuvre d'art, c'est rarement parce qu'on l'a fait exprès. » Sans l'avoir fait exprès, Henry Roujon a laissé des pages excellentes, qui forment quatre volumes délicieux : La Galerie des Bustes, En Marge du Temps, Au Milieu des Hommes, Dames d'Autrefois. Ce directeur des Beaux-Arts connaissait aussi l'art de l'article.
A ces trois noms, il faut ajouter celui de M. G. Lenôtre. Et cependant, tandis que les Daudet, les Mézières et les Roujon faisaient du journalisme en historiens, M. Lenôtre fait de l'histoire en journaliste. C'est, si l'on peut dire, un reporter rétrospectif. Il interviewe les personnages historiques défunts depuis un siècle et demi, et, avant de les interroger, note soigneusement la couleur et la forme de leur habit. S'ils sortent, il regarde leur voiture, la robe du cheval, et s'informe du nom du cocher. Il connaît leur portier et leur domestique. Que ne connaît-il pas ? On lui a reproché de prendre à droite et à gauche dans les ouvrages qu'il a tous lus des renseignements qui semblent nouveaux quand il les publie, et une épigramme méchante et drôle a eu jadis beaucoup de succès parmi les archivistes. On sait que M. Lenôtre a nom Gossehn :
Ce Gosselin, Auteur malin, Prenant du mien»
' Prenant du yôtre,
Prenant du sien Si peu que rien, modestement signe : Lenôtre.
Lenôtre
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J'Accuse..*!
LETTRE AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIpUE
Par EMILE ZOLA