‹ Vingt jours dans le nouveau monde [microforme]Chapitre 39 sur 95 · WASHINGTON · texte numérisé non relu

WASHINGTON

Washington a l’aspect calme, élégant, aristocratique d’une ville privilégiée dans une démocratie ; l'esprit des affaires n’y a point pénétré ; on s’y sent haleter au sortir de New-York et de Philadelphie, l’on aime à voir ces immenses avenues, ces larges squares, ces places athéniennes peuplées par des gens qui oublient de courir et chez lesquels la démarche implique l’idée d’une reposante méditation.

On a comparé cette cité gouvernementale, — dont les heureux habitants sont exclus du droit de vote, — à Versailles, tout au moins au Versailles de 1871 à 1873 ; la comparaison est attrayante, mais

Faissait sous les ression vulgaire, ne sais quelles que le temps de , ma promenade savais tout près.

k, et l’excursion prochain voyage,

une démocratie ; de Philadelphie, lées par des gens itation.

xclus du droit de

attrayante, mais

nee nero

rm

d’une justesse relative, Versailles est nne vieille ville, venve des splendeurs royales, endormie dans les

souvenirs d’un passé éclatant; c’est une donaila physionomie de laquelle toute expression ton, au contraire, est une jeune parvenue, pansion; tout en elle indique le désir de nouveau monde, de devenir l’Athènes de rement son monumental Capitole, et ses

trompe-l’œil extraordinaire et imposent

Un air de grâce, de fête, est répandu partout sur cette y à quarante ans, n’était qu'un pire à l’aise, heureux de connaissance de l'édifice antique, parmi ces granits solides et ces clarté des statues neuves; tout à l'extrême, et la vie qui cirfracas, dans ces voies nonvellesation de vigueur, de poussée

WASHINGTON. — Statue de Garfield.

rière qui parle à l'esprit et au cœur, mais sur moderne semble désormais bannie, Washingbrillante de fraîcheur, d’exubérance et d’exvivre, de s'asseoir au premier rang du l'immense république ; déjà elle montre fièmaisons dans Je style néo-grece font nn l'admiration dès le premier moment.

de quiétude et d’abondance ville déjà immense et qui, il médiocre faubourg. On y resstater tant d'efforts vers une retout au plaisir de déambuler marbres qui ont la neigeuse y semble sain, propre, coquet cule, active et cependant sans ment ouvertes, donne une senen avant, de prospérité puis-

sante, qui n’est pas sans inquiéter l'esprit d’un curieux Européen perspicace et sans préjugés.

LofC.

Ce qui me charma surtout dans cet Eden tout flambant de nonveanté, ce fut la beauté absolue, la

nn

:: RES U ni GREY PEN ARGENT = D He NES Une ut ARR SONNERIE à ee RE ETATS - - res -

décoration incomparable des jardins, des parcs et des squares ; Washington est en avance de plus de deux semaines comme végétation sur New-York.

Je voyais pour la première fois le complet feuillage d'Amérique et j’admirais sans réserve ces gazons gras dont le vert ferait pâlir celui des pelouses célèbres d'Oxford. Sur un humus noir et généreux, des arbres superbes étaient plantés, de toutes provenanres, du Japon, de la Chine, du Pérou, et de tous ces fûts branchus, d’essences variées, une floraison inconnue surgissait rose, rouge, pourpre et liliacée, ainsi qu’en un paradou peint sur quelque kakemono printanier. Des maguolias géants formaient des bouquets de fleurs phénoménales et jonchaient déjà le sol de la blancheur rosée de leurs pétales. Des arbres de Judée empourpraient les massifs lointains, et je me

WASHINGTON. — Le Capitole,

s, des parcs et ance de plus de r New-York.

e complet feuilserve Ces gazons lui des pelouses ns noir et généent plantés, de es, du Japon, n Pérou, et de branchus, d’esme floraison init rose, rouge, ée, ainsi qu’en nt sur quelque nier. Des marmaient des bous phénoménales éjà le sol de la intains, et je me

sentais confus d'ignorer le nom de tant d’espèces d'arbres fleuris qui, dans l'air clair et délicieusement soleillé du matin, apportaient tant de couleurs et d’imprévue décoration, alors que sur les maisons rouges aux wicow en relief, des lierres du Japon aux feuillages exquis se tapissaient en d’adolescentes verdures! Jardins de l’Alcazar, apparus jadis si laids à mon regard, n’êtes-vous point de fausses délices auprès des parcs fleuris de Washington !

La ville des nègres. — Dans un tout autre ordre d’idées, je fus non moins impressionné par les nègres qui sont au nombre de plus de soixante-quinze mille dans la cité présidentielle. Oncques n’en avais tant vu ni en Orient, ni dans nos possessions d'Afrique. Déjà, la veille, À, dans le dining-car, ils affluaient en | Une élégante,

Her ut SE

1 AU Et SE ue: Qu da PE mn RES T Re OPA En IE Pr

om rm

mm at M re

mr

tenne de service, veston blanc et fleur à la boutonnière ; mais dans cette ville voisine de la Virginie leur pullulement est surprenant et fort drôle. Partout on en coudoie, on en frôle, la rue est pleine de petits diables noirs et de négresses coiffées de chapeaux à fleurs, rondonillardes, difformes et d’une prétention au chie qui est d’un inexprimable comique.

A l'hôtel, sonne-t-on, ils arrivent ahuris, porteurs d’ean glacée dans laquelle ils éternuent avec une sérénité puérile et honnête qui fait éclater instinctivement le rire; à l'office, ils sont alignés dans des bizarres livrées mastic et ils regardent l’étranger avec des yeux curieux dont l’iris semble rempli de bonté affectuense comme celui du phoque et dont la sclérotique est noyée d’ictère. Ah! la simiesque et amusante engeance ! On dirait parfois d’antomates on de fallacieux minstrels en veine de vous entraîner dans quelque hilarante pantomime à la facon des Hanlon. A tout ordre, ils répondent par un invariable yes, sar ! plein de nonchalante complaisance; ils sont corrompus par les blancs. Chaque jour ils se relâchent, et ces échappés de la Cuse de l'oncle Tom sont en train de devenirles plus mauvais serviteurs de la création.

Promus maîtres d'hôtel ils se relèvent et apparaissent corrects comme des diplomates élevés en Haïti ; il fout les voir dans les restaurants de l’Ar/ington, en habit, cravatés de blanc avec des conpes de barbes dignes d'être adoptées par les plus élégants attachés d’ambassade ! Ils sont impassibles et superbement décoratifs, soigneux pour le dineur, prompts à surprendre ses désirs et inimitables pour porter les plateaux à la façon des maures sculptés, fabriqués à Venise comme lampadaires de vestibules.

On aime à être servi par ces hommes de bronze dont la tête d’ébène émerge de la blancheur de plastrons impeccables ; point de confusion ni de gaffe possible. Le Black and white ici a du bon; le gouvernement des États-Unis n’a pas eu tort de dire solennellement aux nègres : Continuez.

> de la Virginie rue est pleine de fformes et d’une

ernnent avec une alignés dans des e rempli de bonté miesque et amuus entraîner dans in invariable yes, ls se relâchent, et urs de la création.

omates élevés en vec des coupes de passibles et supertables pour porter e vestibules.

> la blancheur de ici a du bon; le uinuez.

Page 1