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EN ROUTE POUR CHICAGO

Les chemins de fer. — Pour se rendre de Washington à Chicago, il faut, par la voie de la Pennsylvanie qui est la plus courte, la meilleure et la plus pittoresque, environ vingt-deux heures. Toutefois, ce trajet, qui chez nous offrirait une certaine. fatigue, n'apparaît icique comme un plaisir, grâce à ce Pennsyleania railroad qui est

En sleeping.

v ne. L réputé, à juste titre, comme le plus exact, Dortoir d'émigrants, le plus rapide et le mieux organisé des

chemins de fer d'Amérique.

On ne pent se faire une idée en Europe, je le répète à satiété, du confortable et du luxe décoratif des wagons de Wagne: ou de Pullman employés pour les grands express et qui sont munis de restaurants, de buffets, de s/cepings, de salles de lecture, de coiffure, de bain, de lavabos, et de vestibules vitrés reliant toutes les voitures les unes aux autres. L’ingéniosité qui a présidé à la confection de chacun de ces cars est incomparable, et aucune des voitures n’est décorée de façon identique ; chacune

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PENNSYLVANIA RAILROAD. — Un wagon-salon,

possède son originalité et est baptisée, ainsi qu'un navire, d’un nom qui la classe comme type spécial ; certains rapides représentent, comme matériel, une valeur dépassant un million de dollars.

Un système de chauffage à la vapeur maintient une chaleur égale et supprime les dangers d’incendiequi étaient à craindre autrefois avec les poêles chauffés au charbon, Des tuyaux, dans lesquels on peut à volontéouvrirou fermerla vapeur, sont placés sous les pieds des voyageurs.

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À l’extrémité de chacune de ces voitures se trouvent, d’un côté, une fontaine d’eau glacée avec un verre, de l’autre, deux cabinets de toilette, très complets, à l'usage des ladies et des gentlemen.

Le plafond est élevé à dix pieds de hanteur; on y a ménagé une série de vasistas garnis de toiles métalliques très fines, donnant accès à l'air et garantissant les voyageurs des escarbilles et de la poussière. Les voitures sont éclairées au gaz.

Dans les voitures de grand luxe, dont on fait usage en payart un supplément, on trouve des wagons-salons, où se voient une série de fauteuils à bascule et articulés de façon à s’allonger ou à se placer dans les positions les plus confoi.bles. Puis viennent les secpers dont les nôtres en France ne sauraient donner qu’une idée très imparfaite, car il faut, en effet, que nos voitures, roulant sur une voice comparativement étroite, et passant sous des tunnels peu élevés, aient des proportions réduites qui leur ôtent les vastes dimensions qui sont le charme et la commodité des wagons américains.

Dans chaque voiture de luxe se trouve un petit salon particulier, parfaitement isolé du reste des voyageurs. On l’appelle le « State room ». Il est divisé en deux parties. Le salon proprement dit avec un sofa et deux

Servant &e dining-car.

sièges très confortables, placés auprès d’une fenêtre, et une table pour prendre ses repas, lire ou écrire.

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Les sièges et sofas se transforment en lits chaque soir. Le voyageur n’a pour cela qu'à toucher le bouton d’ane sonnerie électrique, et un nègre (porter), spécialement attaché à chaque voiture, opère la transformation et se tient à ses ordres pour {:

. ce qu'il veut lui demander. La pièce attenant au salon est un cabinet de toilette particulier, pourvu de tous les accessoires que nécessite un assez long voyage, garni de cuvettes à bascule avec arrivée d’eau froide et chaude, et, bien entendu, l’indispensable filtre que le nègre tient soigneusement rempli de blocs de glace. Le prix supplémentaire pour occuper ce salon, qui peut contenir trois lits, est d'environ 65 francs par vingt-quatre heures. La salle à manger et la cuisine sont les accessoires ob'igés de tons les trains de luxe : la table est bonne, et un repas coûte 5 francs.

Dans les monts Alleghany. Le voyage de Washington à Chicago consti-

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tue donc une joie des sens et un étonnement continu. Le pays traversé est d’une beauté qui rappelle les plus beaux sites du Tyrol ou de l’Engadine. A partir d’Harrisburg il prend des proportions de grandeur qu'on ne saurait rencontrer en beaucoup de points d'Europe : & sont des gorges sauvages, des fleuves immenses, comme le Susquehanna, franchis sur des ponts vertigineux, des courbes de mon-

tagnes plus hardies queles encore le charme de ces monts Alleghany, ce qui, au sortir de cette fameuse courbe du Fer à cheval, rend grandiose le paysage de l’Ohio et de l’Indiana, ce sont les aperçus formidables des industries qui se sont établies dans la plaine, sur les cours d’eau et sur

les pentes rocheuses des collines, ce “mt les hauts fourneaux des fonderies qui : abent comme des torches immenses dans la nuit, ce sont les cheminées démesurées des cotonneries, d : sines pétrolifères. En traversant l’extraordinaire ville de Pittsburg noyée dans la fumée et comme

fameux lacets du Saint-Gothard, et ce qui relève

La courbe du Fer à cheval,

secouée par nne trépidation d'activité ouvrière, il semble que l’on soit au pays de Vulcain.

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