A CHICAGO
du célèbre conte américain.
La première sensation qu’on y ressent est celle que donne toute ville manufacturière, an sol noir, à l'air lourd de famées accumulées. On y pénètre au milien d’un fracas de roues, de cloches de locomotives,
RAA dans un brouhaha de voitures, de bateaux sillonnant des canaux avec des mugissements de sirènes; on y
trouve comme une image grandie d’une cité fondée par quelque Vulcain en délire. Tont y apparaît formidable, démesuré ; les avenues se perdent dans des lointains inquiétants et les maisons portent vers un ciel voilé de famées épaisses leurs altitudes de vingt et trente étages avec leurs bay-windows aux vitres froides et sans rideaux intérieurs.
Peu à peu, toutefois, au milieu des cars électriques, des tramways traînés par des haridelles et des cabs étranges filant d’un trait rapide vers leurs destinations, sans cris de cochers, sans luttes ni encombrement, on débouche vers une immensité claire, sur les bords du lac, en cette Michigan Avenue peaplée d’hôtels qui font face à de vertes pelouses et anx rives du lagon, malheureusement déshonorées par plusieurs réseaux de chemins de fer dont le trafic continu empanache l’horizon de fumée et donne à ces jolies plages, qui seraient faites pour le rêve, un aspect d’usine et une trépidation infernale.
A peine installé dans un des nombieux caravansérails du centre, une visite pédestre dans la métropole de l'Illinois s’impose. A la désillusion du début suc-
cède un étonnement qui va grandissant devant
ces magasins divers, aux vitrines chargées d’ob- N \ jets voyants, de figures de cire servant de man- WE NN RC nequins, d'affiches hurlantes de puffisme,
— on Des trains composés de plusieurs tramways à câble glissent sur la chaussée avec leurs épe-
Patte
= x ès Æ ÿ L ‘ À a À N Lu Sn EE ER EE ER UE Pants
lont y apparaît ons portent vers ay-windows aux
haridelles et des luttes ni encomichigan Avenue ent déshonorées famée et donne rêve, un aspect
feux caravanséins la métropole on du début sucndissant devant ; chargées d’observant de manpuffisme.
sieurs tramways avec leurs épe-
rons en gueules de requins à l’avant, s’arrêtant une seconde au coin de chaque rue pour déposer ou cueillir rapidement et sans phrases des voyageurs hantés par le seul désir d'arriver quelque part ; des policemen, à casque de feutre marron, surveillent, indifférents, le passage des piétons au milieu de ce fleuve d'électricité agissante qui, sur nos boulevards, avec l'esprit musard du Parisien, ferait chaque jour des centaines de victimes. Des gamins presces, subtils, agités, se faufilent partout dans cette cohue, distribuant aux acheteurs les journaux locaux : le Herald, la Tribune, le Times, V’Inter-Ocean, feuilles immenses, illustrés quotidiens de vingt à quarante pages qu’on est effaré de ne payer que deux ou trois sous et qu'il est impossible d'arriver à lire d’aftilée.
Après avoir visité les grandes avenues de l’est qui coupent la ville du nord et du sud, la Wabash, State strect, Clarke, La Salle et la Cinquième Avenue, toutes ruisselantes d’oriflammes, de drapeaux, d'annonces et effarantes d'activité ; après avoir levé la tête jusqu’à s’ankyloser le cou pour contempler les hauts bws/dings, le visiteur n’a de
fi \ | N ù S N \
Dans une rue de Chicago.
PAT RE LA SN HOT NCAA LUS LE ARE AC PAR e AP EE A TA DE CRDP LUE MS A MES DE TE LE ESS jé. PPT ie di PS Eee CT 4 TG ° x
CHICAGo, Pullman building pavoisé pour les fêtes.
Cäicago qu’une idée encore vague, si considérable que soit déjà sa surprise ou plutôt son ahurissement.
C’est vers l’ouest qu’il doit porter ses pas, en remontant quelque peu vers le nord; il n’a vu jusqu'alors que les élégances commerciales de la grande cité; mais, pour peu qu'il traverse quelques canaux, qu’il s’égare vers la gauche du lac en pleine vie industrielle, à travers des rues boneuses et laides, en des quartiers rappelant les misères du #4:te Chapel de Londres, il verra l’activité, la fièvre s’exaspérer et comprendra la véritable grandeur et la puissante beauté de cette ville extraordinaire dont le surprenant mouvement du port est, affirment les statisticiens, infiniment supérieur à celui des docks déjà formidables de New-York.
Daus ces parages se trouve le vrai Chicago, le Chicago des affaires ; c’est là que, parmi un bourdonnement incessant de chemins de fer en marche, d’élévators à grains en mugissante activité, de forges martelantes, sous un ciel noir de
fumées vomies, on voit tont à coup apparaître un réseau énorme de canaux, dont les ponts de fer
“ dde ed dent ee hat eng
tournants fonctionnent sans trêve pour livrer passage à d’immenses et élégants navires, blanches flottilles des lacs voisins, qui apportent et remportent en leurs flancs les grains dorés qui coulent des
rable que soit déjà
pas, en remontant alors que les éléis, pour peu qu'il la gauche du lac boueuses et laides, White Chapel de rer et comprendra uté de cette ville nent du port est, rieur à celui des
icago, le Chicago anement incessant grains en mugiss un ciel noir de ; les ponts de fer navires, blanches 8 qui coulent des
aérateurs, les bois du centre, les granits, les marbres
"ART superbes ou les blondes «les de Milwaukee. PS À la vue de cette cité hurlante de labeurs accnmulés, l’Européen est saisi d’un vertige; ni à Anvers, ni à Liverpool, ni à Odessa, rien de semblable ne lui est apparu; avant même d’avoir visité, à Jackson-Park, la ville blanche dont la richesse et la beauté l’ont attiré dans l'Illinois, il se sent payé de son voyage, des transes de la traversée et de la fuite journalière de ses dollars : le Chicago des docks, le Chicago des Union Stocks Yards, c'est le Chicago merveilleux, surhumain, invraisemblable, celui qui donne de la force et de la puissance industrielle l’idée la plus # extraordinaire, la plus