OCTAVE UZANNE
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De tous les Européens, on peut dire que le moins migrateur, le plus casanier, le plus attaché au sol qui l’a vu naître est le Français. —- Nul plus
que lui n’est, er. cette fin du xix° siècle, mieux fixé à son lome par le scellement de l'habitude; nul, non plus, ne reste aussi naïvement convaincu que rien dans l’univers ne saurait dépasser en grandeur, en beauté, en pittoresque, en bon goût ce qu’il rencontre cu croit rencontrer en son propre pays. Cela est inrié enlui:ily à un touchant atavisme inexplicable qui le veut ainsi.
1. Voir à la fin de l’Aloum les Renseignements pratiques pour ce voyage.
AU HAVRE, — Le chargement des bagages à bord d’un transatlantique.
Le Français possède une sorte de -fukirisme national qui l’immobilise en sa province. Longtemps ce fut une qualité pour ce peuple sobre, économe et travailleur ; mais il faut bien avouer qu'avec le progrès de la locomotion actuelle, la nécessité d'acquérir des notions générales sur une planète en définitive fort restreinte, et dont on a tôt fait le tour, cette stagnation du peuple français risque de nuire à brève échéance à ses industries, à son commerce, à son progrès social, intellectuel et artistique. Le Français ne met pas volontiers le nez à la fe-
nêtre du monde. A peine fréquente-t-il quelque peu chez ses voisins les plus directs ; c’est insuffisant.
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mots le Noureau Monde demeurent, pour la plupart Ges citoyens de ce pays d'imagination, synonymes de contrées non policées remplies d’aventures, de campements improvisés, de mœurs sauvages, et il en est peu, parmi nous, qui puissent se déprendre des romancières lectures aue les Fenimore Cooper et les Gustave Aimerd ont fixées dans leur mémoire, au collège onu dès la sortie de leurs études.
Nous sommes donc en France, il ne fant pas nous le
dissimuler, beaucoup trop indifférents aux choses des États-Unis, et cette indifférence s’enhardit encore des légendes ridicules qui circulent dans toutes les classes de notre société et nous montrent les hommes d'Amérique comme des brutaux, des grossiers, des barbares en un mot, peu susceptibles des délicatesses
C’est ainsi que l’aimable et facile traversée du Havre à New-York apparaît, aux yeux des neuf dixièmes de nos compatriotes, aussi compliquée et dangereuse qu'un voyage au long cours. Ces
AU HAVRE. — L'’embarquement des émigrants,
du goût et nullement raffinés sur les émotions artistiques et spirituelles, — Ce qui peut-être fut vrai hier commence à ne l’être plus aujourd’hui. Il serait temps de faire disparaître un tel malentendu, et
AU BASSIN DE L’EURE. — Remorqueur de manœuvre pour la sortie du port. (Vue prise de la passerelle du paquebot la Champagne.)