‹ Vingt jours dans le nouveau monde [microforme]Chapitre 69 sur 95 · L’HYGIÈNE EN VOYAGE · texte numérisé non relu

L’HYGIÈNE EN VOYAGE

VUNUI VUVIT

L'entraînement au départ.

L'amour du voyage est inné dans l’homme civilisé : on dirait une sorte de réminiscence atavique des grandes migrations de nos nomades ancêtres, Souvent indispensable à la cure de certaines affections chroniques, le voyage devient d'une réelle utilité pour la conservation intégrale de l'équilibre vital, chez les sujets Lien portants, Voyager, c'est renouveler notre être physicomental. La sensibilité maladive s’exalte dans le milieu qui l’a vue naître, et nos habitudes locales servent de serres chaudes à nos maux originels. Le voyage éveille des sensations neuves, oblige à un exercice constant, habitue la peau et les poumons aux transitions atmosphériques, apaise et diminue la susceptibilité du système nerveux. Tels sont ses avantages,

Combier: de personnes n’ont pas d’appétit et ne digèrent bien qu’en voyage ! Cette action sur l'estomac nous explique aussi pourquoi le déplacement exhausse la nutrition et la vitalité géné-

CHAMPAGNE Uules

rales. Des personnes affaiblies, ne mangeant, chez elles, que des aliments très légers, et encore en éprouvant, après chaque repas, quelques lourdeurs gastriques, sont étonnées et ravies de pouvoir, à l'hôtel, prendre de tous les plats de la table d'hôte et les assimiler, sans souffrance, malgré une indigestibilité souvent notoire, [l faut avouer que la variété et la nouveauté alimentaires ne sont point étrangères à ce réveil de l’appcience.

Vie au grand air, d'une part, bonne digestion, de l’autre, ménent à l'enrichissement du sang et à la stimulation de tous les actes nutritifs : c'est pourquoi l’on est rarement malade en voyage. L'apaisement et le bien-être, la distraction et la gaieté : tels sont les résultats ordinaires des déplacements bien compris,

Des modes de locomotion.

Il y a, du reste, autant de manières de voyager qu'il y a d'individualités. Les débiles, les convalescents, les vieillards, les

De E*

À open

enfants, les femmes choisissent le chemin de fer et la voiture : la trépidation, parfois cahoteuse, de ces modes de vectation, torifie les viscères, excite l'appétit et les sécrétions et procure un sommeil régulier et bienfaisent.

Le TourisME À PIED. — Le tourisme à pied est l'exercice par excellence, lorsqu'il s’agit d’exalter le bon fonctionnement du cœur et des poumons, de forcer le sang à circuler et le thorax à respirer, La marche, pour porter ses fruits hygiéniques, doit toujours être accompagnés de certaines précautions : greude

sobriété dans le. boire et le manger, vêtements de laine amjles,

chauds et légers, à la fois protecteurs contre les variations de l'atmosphère et contre le refroidissement sudoral. Mais une bonne choussure présente, surtout pour le footing, un intérêt capital. Trop étroite ou trop large, fabriquée avec un cuir épais ou trop peu élastique, la chaussure fait de la marche active un . véritable supplie de l’Inquisition. Les cors, oignons, durillons, :« sont les ennemi: de tous les sports. Il faut donc préalablement guérir ces infirmités : pour cela, je recommande surtout les cautérisations bien faites au thermo-cautère,

Une chaussure selon l'hygiène doit avoir, comme longueur, celle de 11 voûte plantaire complètement effacée ; une semelle

incapable de blesser, dans son jeu assoupli; des talons bas et

bien placés; un bout elliptique, c’est-à-dire en harmonie avec la conformation normale de l'extrémité des cinq orteils. Il faut toujours essayer des chaussures neuves à la fin d'une journée, les pieds étant déjà gonflés par la station debout. L'empeigne doit dépasser au moins d'un centimètre, à son extrémité, le bord libre de l'ongle du gros orteil. A propos de cet ongle, il faut toujours le couper en carré, jamais en rond, si l'on veut éviter la production, plus que gênante, de l’ongle incarné (on guérit, à son début, cette infirmité, au moyen des badigeonnages de perchlorure dé fer). Enfin, sans jamais ballotter, le pied ne doit sentir le contact de la chaussure qu’à l'endroit du cou-depied et à l'extrémité du talon,

LE TOURISME EN CHEMIN DE FER, — Quelques mots sur l'hygiène en chemin de fer. 11 ne faut jamais s’ssseoir dans un wagon le corps étant en sueur : car les courants d’air sont, alors surtout, nuisibles, Il ne faut pas s'installer dans un compartiment fraîchement peint, si, d'aventure, il en existe, Il faut s’efforcer de tourner le dos à la locomotive : on évite ainsi le vent et les poussières dangereuses pour la vue, On fermera les rideaux exposés au soleil; on n’abusera pas de la lecture, très fatigante à cause de l'incessante mobilité des objets. Je conseille, enfin, aux voyageurs de descendre à toutes les stations, non

—— ti PORLS

Page 1