A MONSIEUR ROUET
Monsieur, ill'i a si lontans que je n'ay seu de vos nouvelle qu'il m'ennuist estrêmement ; et plus encore que je n'ay ce bien de vous voir, car je n'ose vous escrire ce que je vous dirois bien. Meudé moy, au non de Dieu, de vos nouvelle, je vous suplie, et me faite l'onneur de m'éraer, car je suis toujours vostre fille, sy vous plest. Monseigneur se porte bien. Dieu mersy, mes Madame sa mère est malade ill'i a plus de trois semène, d'une fièvre; pour Madamoiselle, elle se porle bien. Dieu mercy. Nous avons esté bien marie séens de la mort de monsieur le marquis de Pisanny. Monsigneur le Prinse montra bien son bon naturel, car il pleura fort, encore qu*il le craignast fort en son vivant. S'est une belle espérense de luy ; Dieu le bénis, si luy plest. Avecque vostre permision, madame
vostre famé ara agréable que je luy baise les mains, et suis sa servante. Je désirois bien aussy savoir comme vonst mes peliie afaire, et si vous n*avés point faict vendre mon baistail ; car je vous aseure que j'ay bien à faire d*argens, car n'on n'en resoy poins en [ce] peïs ysy.
S'est vostre bien humble et très obbéisante fille à vous faire servise,
FOULLOU.
Lettre olographe.
"No 15. — 23 NOVEMBRE 1604.
UÉÎectrice palatine, Louise-Julienne de Nassau,
à sa sœur puînée, Gharlotte-Brabantine, veuve du duc Claude
de La Trémoille.
Elle cherche à la consoler et réconforter, en faisant appel à sa piété ainsi qu'à son amour pour les jeunes enfants auxquels elle est si nécessaire.