KM. — MAI
Adam 1 V, vicomte de Melun et sf^ de Montreuil-Bellay, à Girard Chabot, II« du nom, s8f de Rays, Machecoul et Brion.
Après lui avoir notifié l'échange en vertu duquel il vient de céder à Pierre Dorée, bourgeois de Saumur, la voirie de Brion, avec ses dépendances et tout ce qui lui appartenait audit lieu, Adam prie le sf r de Brion de recevoir les foi et hommage de Pierre Dorée, comme il était tenu de recevoir les siens.
A NOBLE HOME E A PUISSANT A MONSSEUR GIRART CHABOT, CHEVALERS, SEGNOR DE RAIS, DE MACHECOURT E DE BRIUN ', ADAMS, VICOMTES DE MELEUN % SEGNOR DE MONTEROL BELLAY \ SALUZ EN NOSTRE SEGNOR.
Sachez, Sire, e sachent louz ceus qui sont e qui seront, que, par bon e loial échenge e loial permutaciun faite, o solemnilé de droit
* En Anjou ; Maine-et-Loire, canton de Beaufort.
» V. Histoire généalogique du P. Anselme, vol. V, p. 224.
» H est parlé de lui dans l'acte de contirmalion à l'abbaye de Fontevrault d'un beau fief du voisinage, nommé Meslré. qui est occupé aujourd'hui par les jeunes détenus de la Maison-CenU>ale. On ne comparera pas sans intérêt l'orthographe de la lettre du s*' de Monlreuil-Bellay avec celle d'une de ses chartes.
. A touz ceos qui verront e orront celés présentes lelres, Adan, viquens de « Meleun e seigneur de Monterioul BeUay. cheTilier, saluz pardurable en Nostre
ô VINGT LETTRES MISSIVES
e segonl costume de pais, entre nous Adam devant dit, d'une partie, e Piere Dorée, borgeis de Saumur, d'autre partie, de fiez e de terres que ledit Pieres avoit e tenoit de nous en noz fiez e en notre chalelerie de Monterol Bellay, que nous avons eues et reçeues dudil Piere par resum dodit échange e de la dite permulaciun e que nous, par les résuns devandites, avons e tenons e en somes en plenère seisine e en corporele posessium e nous en tenons plenèrement e spécialement pour bien paiez, sanz riens rapeler jamés ne dire encontre; que nous Adam devandit, en retour, en échange, en permutaciun e en réconpcnsaciun des dcvandiies choses, avons baillé e délivré, e ballons e délivrons audit Piere Dorée, h avoir, à tenir e à épletier n loujourz niés, à lui e aus siens e à loz ceux qui de lui hont e auront cause, tote notre vécrie * de Briun, o loles les aparlenances de ladite véerie e o lot quemque nous apartient e puet aparlenir es fiez e en terroir de Briun devandit, que nous avions ou teneons de vous ou devions tenir.
Desqueles choses devandites, o totes les apartenances e o lot quemque nous apartient e puet apartenir de aciun, de demande, de droiture, de segnorie, de détroit, de obéissance, de sésine, de possessium, de propriété, nous avons fait et faisons plenière, certaine e perpétuele cessium, à tojorz mes, en dit Pieres e en ses hoirs e en toz cens qui en ce hont e auront cause de lui, sanz jamés rapeler ; e nous en somes do lot déséesi e enquores désésissons en votre main, par la ballance de cesles présentes leitres.
Seigooar. Sachent toz que, en nosire court en dreil eslabli, Huguel dit Buef, vaîlet. volans estre parçonnier des biens qui soin fez e seront dès hores en avant t n l'iglise de Nostre Dame de Fonlevraut, dona e oirea à toz lens pardiirablement. e dooe et otroie, pour le remède de s'arme e de ses amis défeuns, à Dieu e à Nostre Dame e à ladite yglise e aus religieuses dames à l'abaasse e au couvent de celui leu, le Oé de Mestré, ou tout ce que i aparli»>nl, movant de nosire fyé à foy e à homage e à dous mois de garde; ou toute droiture e ou toute seignorie que ceUdit Hugues i aveit ou avoir poveit. . . Si comme il aveil eu e acheté de Pierre Dorée, bourjoys de Saumur. . . Ce fust fait e donné le mardi enprés la seint Barlholomé l'apostre, en l'an de Nostre Seigneur mil e dous cenz e quatre ving e un, ou mois d'août. > * Droit de juridiction.
E prometons e somes tenuz guaranlir e défendre totes les devandites choses audit Piere e au siens, e à touz cens qui en ce auront e hont cause de lui, segont us et costume de païs, de toz e contre loz ; e à ce tenir e entériner nous obligons audit Pieres, e à touz cens qui en ce auront cause de lui, nous e nos hoirs e louz noz biens meubles, inmeubles, présenz e avenir, quelque part que il soient, e es damages amander e rendre, se nus en i avoit par faute de guériment, à son simple sérement sanz autre preuve.
Pour laquele chose nous vous prions e soupléons, en quenque nous poons, que vous desdites choses, si comme elles sont ci contenues e expresses, recevez ledit Pieres, ou celui qui en ce aura cause de lui, en votre foy ou en votre homage, aussins comme vous fesieez nous meismes, ou comme vous fussiez tenu de fere e à nous recevoir.
E pour ce que nous ne puissions jamés celés choses, ou aucunes d'icelles, rapeler par nous ne par autres, e que nous ne puissions jamés rien dire ne opposer encontre, nous Adam devandit, en tesmoignage de celés choses, vous en envoions celés présentes leitres, séelées de notre propre séel.
Ce fu fel e doné Tan de grâce mil deucenz qualrevinz e douz,
au mois de may.
Très-joli original en parchemin, jadis scellé sur double queue, au dos duquel une main contemporaine a écrit : C'est la lestre de la
VÉRIE DE BrION, DOU VICONTE DE MONTEROL BrELAY *.
No 2. — 19 JUILLET 1294.
Jean II, abbé de Saint-Sauveur de Redon, au susdit sire de Rays.
Les formalités de présentation, par celui-ci, des trois moines parmi
* Cette pièce a été copiée dans le Cartulaire des sires de Rays, n* 183, mais non avec la très-curieuse orthographe de l'original. Dans le même cartulaire, n» 155, est
lesquels l'abbé de Redon doit choisir celui de la Chaume, n*ODt pas été bien remplies. Jean II, au monastère duquel a été soumis le petit couvent des environs de Machecoul, prie le représentant de son fondateur d*y aviser au plus tdt, et de lui transmettre sa réponse par l'un des deux prieurs chargés de sa lettre.
A NOBLE HOME, SON AMI E SEIGNOR, MONSOR GIRART CHABOZ, CH»»^, SEI- GNOR DE REIS E DE MACHECOU, FRÈRE JOHAN, HUMBLE ABBÉ DE REDON, SALDZ E LUI TOT *.
Sire, come vous ayez de costume, quant l'abaye de la Chaume vaque, de nomer de nostre abbaye treis moynes, e nos devons eslere un d'iceux, si il y est renable, à estre abbé de la Chaume ^ ;
transcrite nne lettre, du mois de décembre ItiSO, tendant au même but, mais tréscoocise. Il parait probable qu'elle avait été jugée insuffisante, à défaut des détails donnés par celle de 1282.
* Aussi curieux comme orthographe que charmant par son style et par son écriture, le texte original, découvert en 1871, est bien préférable à celui du carlulaire des sires de Rays,n^ 226, que nous avons imprimé dans la Beoue des provinces de l^Ouest, année 1856, page 561. Eu outre le copiste, ayant mis la date eu chiffres romains, y a oublié un X, ce qui a malencontreusement rajeuni notre lettre de dix années. La rectification de cette erreur n'est pas comprise dans le savant et intéressant mémoire de M. R. Blanchard, intitulé : Observations sur quelques dates du Cartulaire des Sires de Bays, et publié en 1877 dans le Bulletin de la Société archéologique de Hantes.
Le duc de La Trémoillea retrouvé quelques autres originaux ou vidimus des pièces que l'amiral Prégeni de Coêtivy avait fait réunir dans le susdit cartulaire, afin de soutenir les droits de sa femme, Marie de Rays, contre les actes de folle dissipation commis par le père de celle-ci, le maréchal Gilles, de U"iste mémoire. Leur contrat de mariage faisait des biens et revenus à recouvrer, des acquêts de communauté, avec droit d'usufruit pour le survivant. Cette disposition autorisa Olivier de Coêtivy, héritier de son frère l'amiral, à retenir les titres de la baronniede Rays, de quelquesuns desquels nous verrons plus loin, n* 8, le duc de Bretagne lui demander communication. Par le mariage de sa petite-fille, Louise de Coêtivy, avec Charles de La Trémoille, prince de Talmond, ils sont entrés dans le charlrier de Thouars. Nous oflFrirons prochainement à la Société des Bibliophiles Bretons une copie des chartes du cartulaire de Rays antérieures au quatorzième siècle.
> Dans l'article qu'il a consacré à celle abbaye {Gallia ChriHiana, vol. XIV, p. 851 et suiv.), M. Hauréau ne parle pas du droit de nomination et d'investiture exercé par le chef du grand et célèbre monastère de Redon. 11 résulte seulement de sa liste des abbés de la Chaume que le défunt, nommé Louis, eut peut-être pour successeur Nicolas de Tréal.
e, Sire, come vos eussez Tautrier envoyé à Redon aucuns de voz genz pour fere icelle nomée, les queux n'estayent mie moût bien avisez sus ce, si come Ten nos feseit entendre, e por ce, Sire, nos feimes tant o eux que la chouse fut porloignée juque nos eussons parlé ou fet parler o vous, quar nos avons grant fiance que il vos plèse que la chouse ange en meillore manière que à nul de voz genz. Por quey, Sire, nos vos requérons en soppleyant, come ami e seignor, que il vos plèse vos aviser sur ce, e nomer prodegent por que nous peussons porveir à la povre abbaye de un prodome, quar grant mester en a.
E, Sire, cesle chouse aureit mester à fere brevement, quar les chouses ne vont pas bien. Por l'amor Nostre Seignor, plèse vous de ce tant fere que vos y éyez henor e le povre moustier prou, e que Nostre Seignor TOUS en sache gré. Voslre nomée, Sire, vous plèse nous rescrire, e les nos enveyer parle portor de ceste lettres, ou par autre si vos véez que meauz seit. Ë, Sire, à ceste supplicacion e requeste vos fere, e à voslre volante en oir, nos eslablissons frère Jame, nostre moyne, priou de Seint Nicholas, e le priou de Froçay *, noz alloez, ou un d*iceus duus si amedous n'i poayent estre.
Ce fut doné le jor de lundi avant la fesle de la Magdalene, en Tan de grâce mil e dous cenz e quatre vinz e quatorze.
Original en parchemin, jadis scellé sur simple queue,