‹ Vingt mille lieus sous les mers [microforme]Chapitre 16 sur 63 · VOUS · texte numérisé non relu

VOUS

s malnt le rece-

endre

il n'y

loire El,

— Combien en avez-vous compté ?

— Une centaine, au moins.

— Monsieur Aronnax, répondit le capitaine Nemo, dont les doigts s'étaient replacés sur les touches! de l'orgue, quand tous les indigènes de la Papouasie seraient réunis sur cette plage, le Nautilus n'aurait rien à craindre de leurs attaques ! »

Je remontai sur la plate-forme. L'abscurité était venue, mais des feux nombreux, allumés sur la plage, attestaient que les naturels ne songeaient pas à la quitter. La nuit, cependant, s'écoula sans mésaventure,

À six heures du matin, — 8 janvier, — je remontai sur la plate-forme.

Les indigènes étaient toujours là, plus nombreux que la veille, — cinq ou six cents peut-être. Quelquesuns, profitant de la marée basse, s'étaient avancés sur les têtes? de coraux, à moins de deux encäblures du Nautilus. Je les distinguai facilement. C'étaient bien de véritables Papouas, à taille athlétique, hommes de belle race, au front large et élevé, au nez gros mais non épaté, aux dents blanches. Certains chefs avaient orné leur cou d’un croissant et de colliers de verroteries rouges et blanches. Presque tous, armés d’arcs, de flèches et de boucliers, portaient à leur épaule une sorte de filet contenant ces pierres arrondies que leur fronde lance avec adresse.

Un de ces chefs, assez rapproché du Nautilus, l'examinait avec attention.

J'aurais pu facilement abattre cet indigène, qui se trouvait à petite portée ; mais je crus qu’il valait mieux attendre des démonstrations véritablement hostiles. Je les entendais répéter fréquemment le mot « assai,»

et à leurs gestes je compris qu'ils m'invitaient à aller à terre, invitation que je crus devoir décliner. En ce moment des pirogues s'approchérent plus près du Nautilus, et une nuée de flèches s'abattit sur lui. s «Diable! il grêle! dit Conseil, et peut-être une grêle empoisonnée !

— Î1 faut prévenir je Capitaine Nemo,» dis-je en rentrant par le panneau.

Je descendis au salon.

10 Je me hasardai à frapper la chambre du capitaine.

Un «entrez, » me répondit. J'entrai, et je trouvai le capitaine Nemo plongé dans un calcul ou les + et autres signes algébriques ne manquaient pas.

18 «Je vous dérange? dis-je par politesse,

— En effet, monsieur Aronnax, me répondit le capitaine ; mais je pense que vous avez des raisons sérieuses de me voir?

— Très sérieuses. Les Pirogues des naturels nous

20 entourent, et, dans quelques minutes, nous serons certainement assaillis Par plusieurs centaines de sauvages.

— Ah! fit tranquillement le capitaine Nemo, ils sont venus avec leurs pirogues ?

— Oui, monsieur.

25 — Eh bien, monsieur neaux.

Je n'y trouvai personne, à la porte qui s'ouvrait sur

tiRtsh mes:

» il suffit de fermer les pan-

— Précisément, et je venais vous dire. 7 — Rien n'est plus facile,» dit le Capitaine Nemo. Et, pressant un bouton électrique, il transmit un 30 ordre au poste de l'équipage.

« Voilà qui est fait, monsieur, me dit-il, après quelques instants. Le canot est en place et les panneaux

it à aller sont fermés. Vous ne craignez pas, j'imagine, que ces | messieurs défoncent les murailles que les boulets de plus près votre frégate n'ont pu entamer ?

ur lui. i — Non, capitaine: mais il existe cricore un danger.

ne grêle Ÿ — Lequel, monsieur ? s

—— C'est que demain, quand il faudra rouvrir les is-je en Panneaux pour renouveler l'air du Nautilus...

— Sans contredit,! monsieur, puisque notre bâtiersonne, ment respire à la manière des cétacés, rait sur — Or, si, à ce moment, les Papouas occupent la 10

plate-forme, je ne vois Pas Comment vous pourrez les trouvai empêcher d'entrer.

es + et — Alors, monsieur, vous Supposez qu'ils monteront à bord?

— J'en suis certain. 15 le capi- -— Eh bien, monsieur, qu'ils montent. Je ne vois sérieu- aucune raison pour les en empècher. Au fond,? ce

sont de pauvres diables, ces Papouas, et je ne veux

S nous Pas que ma visite ici coûte la vie à un seul de ces mal-

1s cer- heureux ! » 20

vages. Je me retirai.

Is sont Le lendemain à six heures du matin je me levai. Les panneaux n'avaient pas été ouverts. L'air ne fut donc pas renouvelé à l'intérieur, mais les réservoirs,

pan- chargés à toute Occurence, fonctionnèrent à propos et 25 lancèrent quelques mètres cubes d'oxygène dans l’atmosphère appauvrie du Nautilus.

O. Je travaillai dans ma chambre jusqu’à midi, sans

it un avoir vu, même un instant, le Capitaine Nemo. On ne

mm Paraissait faire aucun préparatif de départ, quoique 30 quel- l'heure à laquelle le Nautilus devait flotter, si le capieaux taine ne s'était Pas trompé, approclhàt rapidement.

J'attendis quelque tem au grand salon

r dans la coque du bateau. J'en-

10 tendis grincer sur son bordage les aspérités calcaires du

fond corallien.

A deux heures trente-cinq minutes, le capitaine Nemo parut dans le salon.

«Nous allons partir, dit-il.

15 —Abhl! fis-je.

— J'ai donné l’ordr — Et les Papouas ?

1 A — Les Papouas? répondit le ca Sant légèrement Jes épaules.

20 —Ne vont-ils tilus?

— Et comment ?

— En franchissant les fait ouvrir.

e d'ouvrir les Panneaux.

Pitaine N emo, haus-

Pas pénétrer à l'intérieur du Nau-

Panneaux que vous aurez

— Aucunement.

— Eh bien, venez et Vous verrez.»

Je me dirigeai vers l'escalier central.

Là, Ned Land

ne rendis heures et ir atteint 1e Nemo Nautilus des mois le corail.

coureurs u. J'enaires du

apitaine

et Conseil, très intrigués, regardaient quelques hommes de l'équipage qui ouvraient les panneaux, tandis que des cris de rage et d'épouvantables vociférations résonnaient au dehors.

Dès que les panneaux furent ouverts, vingt figures s horribles apparurent. Mais le premier de ces indigènes qui mit la main sur Ja rampe de l'escalier, rejeté en arrière par je ne sais quelle force invisible, s'enfuit, poussant des cris affreux et faisant des gambades exorbitantes.

Dix de ses compagnons lui succédérent. Dix eurent le même sort.

Sn a

, haus-

Nau-

aurez

nt le eaux

Land

Conseil était dans l’extase. Ned Land ses instincts violents, s’élança sur l'es dès qu'il eut saisi Ja rampe à deux mai versé à son tour.

«Mille diables! s’écria-t-il.

Ce mot m’expliqua tout. Ce n’était plus une rampe, mais un câble de métal, tout chargé de l'électricité du bord, qui aboutissait à la plate-forme. On peut réelle- 20 ment dire qu'entre ses assaillants et lui, le capitaine avait tendu un réseau électrique que nul ne pouvait impunément franchir.

Cependant les Papouas avaient battu en retraite, affolés de terreur. Nous, moitié riant, nous consolions et frictionnions le malheureux Ned Land, qui jurait

Comme un possédé.

Mais, en ce moment, Je Nautilus, soulevé par les dernières ondulations du flot, quitta son lit de corail à cette quarantième minute exactement fixée par le 30 Capitaine. Son hélice battit les eaux avec une majestueuse lenteur. : Puis sa vitesse s’accrut peu à peu,

» emporté par Calier. Mais, ns, il fut ren- 16

Je suis foudroyé.»:

et, courant à la surface de l'Océan, il abandonna sain et sauf les dangereuses passes du détroit de Torrès.

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