‹ Vingt mille lieus sous les mers [microforme]Chapitre 21 sur 63 · PROPOSITION DU CAPITAINE NEMO · texte numérisé non relu

PROPOSITION DU CAPITAINE NEMO

til , itait à ne voir en lui qu'un de ces gét n ‘ 4e rendent à l'humanité mépris pour ind "1: “ui. + mystère de cette dernière nuit pen! “ous avions été enchaînés dans la prison n.eil, la précaution si violemment prise par le caj, d'arracher de mes veux la lunette prète à parcourir l'horizon, la blessure mortelle de cet homme, tout cela me poussait dans une voie nouvelle. Non! le capitaine Nemo ne se contentait pas de fuir les hommes! Son formidable appareil servait, non seulement ses instincts de liberté, mais peut-être aussi les intérêts de je ne sais quelles terribles représailles, auxquelles je ne voulais ni ne pouvais m'associer. J'en vins à penser comme Ned Land, je fuirais si je le pouvais.

Nous sillonnions alors les flots de l'océan Indien avec uae vitesse extraordinaire, et le 28 janvier nous étions en vue de l’île de Ceylan.! Je montai sur la plate-forme. Le capitaine Nemo et son second parurent en ce moment. Celui-là se retourna vers moi et me dit: « Vous serait-il agréable, Monsieur Aronnax, de visiter l’une des pêcheries de perles de l'ile de Ceylan?

— Sans aucun doute, capitaine.

— Bien. Ce sera chose facile. Seulement, si nous voyons les pêcheries, nous ne verrons pas les pêcheurs. L'exploitation annuelle n'est pas encore commencée. À propos, monsieur Aronnax, vous n'avez pas peur des requins ?

— Des requins?» m'écriai-je.

Cette question me parut, pour le moins, très oiseuse.

«Eh bien? reprit le capitaine Nemo.

» NOUS serons armés Pourrons peut-être chass chasse intéressante.

le professeur, et de grand matin.»s

Cela dit d'un ton dégagé, ro le salon.

‘ le capitaine Nemo quitta

En ce moment, Conseil et le Canadien en f : l'air tranquille et même joyeux.

ce qui les attendait.

«Ma foi, monsieur, me dit 15 laine Nemo vient de nous fair " Position.

— Ah! dis-je, vous savez?...

— N'en déplaise à monsieur, 5 | Commandant du Nautilus nous a | 20 Main, en compagnie de monsieur, les magnifiques péï cheries de Ceylan. Il l'a fait ent ÿ

ermes excellents et s'est conduit en véritable gentleman,

| — Îl ne vous à rien dit de plus ?

i — Rien, Monsieur, répondit le Canadien, si ce n'est fl 25 Qu'il vous avait parlé de cette petite promenade.

— En effet, dis-je. Et il ne Vous a donné aucun détail sur... ?

trèrent, Ils ne savaient pas

Ned Land, votre capi- € une très aimable pro-

répondit Conseil, Je invités à visiter de-

— Aucun, monsieur le naturaliste.

Compagnerez, n'est-il] pas vrai?

30 —Moi...sans doute !

goût, maître Land.

— Oui! c'est Curieux,

Vous nous ac-

Je vois que vous Y prenez

très curieux,

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— Dangereux peut-être! ajoutai-je d’un ton insinuant.

— Dangereux, répondit Ned Land, une simple excursion sur un banc! d'huitres ! »

Décidément le capitaine Nemo avait jugé inutile d'éveiller l’idée de requins dans l'esprit de mes compagnons. Moi, je les regardais d’un œil troublé, et comme s’il leur manquait déjà quelque membre. Devais-je les prévenir? Oui, sans doute, mais je ne savais trop comment m'y prendre,

LA nuit arriva. Je me couchai. Je dormis assez mal. Les squales jouèrent un rôle important dans mes rêves.

Le lendemain, à quatre heures du matin, je fus réveillé par le stewart que le capitaine Nemo avait spécialement mis à mon service. Je me levai rapidement, je m'habillai et je passai dans le salon.

Le capitaine Nemo m'y attendait.

«Monsieur Aronnax, me dit-il, êtes-vous prêt à partir ?

— Je suis prêt.

— Veuillez me suivre.

— Et mes compagnons, capitaine ?

— Îls sont prévenus et nous attendent.

— N'allons-nous pas revêtir nos scaphandres? demandai-je.

— Pas encore. Je n'ai pas laiss Procher de trop près cette côte, et n au large! du banc de Manaar;

é le Nautilus apous sommes assez mais j'ai fait parer le nt précis de débarqueez long trajet. Il em-

Le capitaine Nemo me conduisit ve

rs l'escalier cen- 10 tral, dont les

ient à la plate-forme.

aient là, enchantés de «la qui se préparait. Cinq matelots rons armés, nous attendaient dans

Le canot S'avança vers l'ile de Man dissait dans le sud.

de son banc et observ

Sur un signe de lui,

25 «Nous voici arrivés le capitaine Nemo.

C'est ici même que*

nombreux bateaux de

ces eaux que leurs 30 fouiller.

aar, qui s’arron- Le capitaine Nemo s'était levé ait la mer.

l'ancre fut mouillée.

» Monsieur Aronnax, dit alors Vous voyez cette baie resserrée, dans un mois se réuniront les pêche des exploitants, et ce sont plongeurs iront audacieusement

suspects, aidé des matelots de l'embarcation, je commençai à revêtir mon lourd vêtement de mer. Le capitaine Nemo et mes deux compagnons s'habillaient aussi. Aucun des hommes du Nautilus ne devait nous accompagner dans cette nouvelle excursion.

Bientôt nous fûmes emprisonnés jusqu'au cou dans le vêtement de caoutchouc, et des bretelles fixèrent sur notre dos les appareils à air. Quant aux lampes électriques, il n'en était pas question. Avant d'introduire ma tête dans sa carapace de cuivre, j'en fis l'observation au capitaine.

«Ces appareils nous seraient inutiles, me répondit le capitaine. Nous n'irons pas à de grandes profondeurs, et les rayons solaires suffiront.à éclairer notre marche. D'ailleurs, il n'est pas prudent d'emporter Sous ces eaux une lanterne électrique. Son éclat pourrait attirer inopinémer. quelque dangereux habitant de ces parages.»

Pendant que le Capitaine Nemo prononçait ces paroles, je me retournai vers Conseil et Ned Land; mais ces deux amis avaient déjà emboîité leur tête dans la calotte métallique, et ils ne pouvaient ni entendre ni répondre.

Une dernière question me restait à adresser au capitaine Nemo.

«Et nos armes, lui demandai-je, nos fusils ?

— Des fusils! à quoi bon?! Vos montagnards n'attaquent-ils pas l'ours un poignard à la main, et l'acier n'est-il pas plus sûr que le plomb? Voici une lame solide. Passez-la à votre ceinture et partons.»

Je regardai mes compagnons. Ils étaient armés comme nous, et, de plus, Ned Land brandissait un

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