‹ Vingt minutes d'arrèt ... buffet; comédie en un acte, en proseChapitre 10 sur 13 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

M""-' DE MORA, CtONTRAN, BLANCHE, PIERRE, JOSEPH

M'^" DE MORA donnant le bras à Blanche et à Gontra,n.

Par exemple, mes enfants, vous allez me permettre de manger mon aile de poulet et de boire un doigt de bordeaux... Vous comprenez que j'ai besoin do réconforter mes soixante-dix ans.

BLANCHE

Oh ! oui , bonne mère , et de vous conseiTcr pour ceux qui vous aiment.

M™C DE MORA

N'est-ce pas ? ma fille.

GONTRAN

D'autant plus que le télégraphe... le chemin de fer... l'émolion... tout cela aiguise diablement l'appétit.

jvime J3E MORA

Moquez-vous , Gontran , moquez-vous à voire aise de votre vieille tante qui ne peut se soumettre aux obligations de ce siècle étonnant ! Que voulez- vous , mes amis, j'ai toujours été un peu sauvage, moi, je l'avoue; puis je me trouve si bien dans le fond de ma province normande.

BLANCHE

Et vous avez mille fois raison , madame.

m""® de mora

Vous savez, Blanche, que je ne veux pas être traitée cérémonieusement .

BLANCHE

Pardonnez-moi, bonne mère.

M""^ DE MORA

Voilà un titre que je tâcherai de mériter. Et, pour commencer , mes amis , il convient de dresser un plan de conduite dont nous ne nous écarterons pas.

GONTRAN

Notre avenir est entre "vos mains.

M°"^ DE MORA

Vous , Gontran , je vous enferme jusqu'à nouvel ordre au château de Mora.

GONTRAN

Comment ma tante , vous m'enfermez ?

M"'^ DE MORA

C'est absolument nécessaire; donc pas de réplique où je vous plante là et je me lave les mains de tout ce qui pourra survenir de fâcheux par votre imprudence. ' ■

GONTRAN

Vous serez obéie .

M™'^ DE MORA

Je l'entends ainsi, (à Blanche) Yons ^ Blanche, je vous ramène à Paris; je vous conduis auprès de votre père que vous n'auriez pas dû quitter.

BLANCHE

Disposez de moi , bonne mère.

GONTRAN

Et le rideau tombe là-dessus... Vous venez me retrouver à Mora et vous essayez de me consoler avec de bonnes paroles?. . . Eh bien, non, cent fois non , j'aime mieux aller revoir les bédouins et me faire casser la tête. . .

M"'^ DE MORA '

Gonlraii . vous êtes uu homme de peu de foi et vous ne méritez pas mon amitié.

GONTRAN

Mais vous ignorez donc que Blanche est toute ma vie?, . .

M™'= DE iMORA

Et que vous ne pouvez vivre sans elle. .. c'est convenu, mon garçon , j'en sais aussi long que vous sur cet article ; mais ce que j'ai décide s'accomplira... ou sinon...

C0>'TRAX

Ah ! tante de Mora , vous êtes bien dure.

M""^ DE MORA

Mais lu n'ignoi'es pas , mauvais sujet , que je ne travaille qu'à ton bonheur. Blanche a écrit à son père un billet insensé. M. de Mailly doit être en ce moment sur la route de la folie ; il faut absolument retourner auprès de lui. Et puisqu'il faut tout vous dire , j'ai, dans mon sac de voyage, certains documents qui décideront le père de Blanche au mariage.

CONTRAN

Vous êtes donc une v(h'itable fée?...

M""" DE MORA

Je suis ce que je suis...

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