LE COMTE PIERRE
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LE COMTE
Ah!
PIERRE
Le monsieur a même rencontre ici une dame de sa connaissance, arrivée par le train de Paris. Nous avons encore les bagages de ces voyageurs.
LE COMTE
Ce ne sont pas eux... ils auraient fui tout le monde... Ah! malheureuse enfant, quelle tristesse tu répands en moi! {il s'assied et rêve).
PIERRE (doncernent).
Monsieur le comte est peut-être souffrant?
LE COMTE
Me]'€i , Pierre , ne vous occupez pas de moi... je n'ai rien (,'t n'ai besoin de rien...
PIERRE (à i^art).
Comme II est changé !
LE COMTE [il se lève et marche avec agitation j
Où est-elle, maintenant? Dieu seul le sait... La reverrai-je encore?... 0 l'ingrate ! que de larmes elle va mettre dans ma vie, moi qui l'aimais tant!... Mais cette fuite, est-elle vraie ? Elle a voulu me faire peur , elle va revenir... Elle se cachait parfois , quand elle était toute petite , puis elle revenait toute rieuse se blottir dans mes bras... Est-ce que ce n'est pas sa voix que j'entends?... (avec douleur) Non! non! elle ne reviendra pas, je l'ai trop cruellement offensée hier soir... Ne lui ai-je pas dit que je ne consentirai jamais à un mariage déshonorant! Allons! allons ! je suis allé trop loin, beïiucoup trop loin même ! Ces de Mêlvil, je ne les aime pas... voilà près de cinquante ans que nos familles sont divisées... mais , après tout , ce sont d'honnôtes gens. . . Est-ce que les enfants doivent supporter les fautes des pères ?
{Il s'assied et appuie sa tête dams ses mains.)