NOTICE SUR JULES HOHL
écrites en français, en anglais, en allemand, en italien eto., qui lui semblent de naiure à enrichir le capital de l'éraditioB. L'honnenr d'être cité dans ces pages était un peu pour la sa? ant ce qu'était pour les cités grecques Thonneur d'avoir leur nom dans le catalogue d*Honière. V^ loge tient peut-être dans les jugepients de Mohl plus de place que le blâme ; mais ceux qui savent lire entre les lignes pourront aisément distinguer les publioations qu*il refardecomme une vraie et durable conquête scientifique et celles qui ne sont pour lui que des tentatives sans oonsislance et sans résultat. Il serait naturellement impos* ^ible de donner une idée complète de l*œuvre accomplie par Mohl dans Texercice annuel de cette magistrature de censeur étendue A toutes les branches de Térudition orientale. Mais je dois A sa mémofare, je crois, de montrer daas un cas au moins, comment il suggéra Bt dirigea en silence des découvertes dont il ftit le premier à attribuer à d'autres la gloire tout entière.
La découiperte des palais enfbuis sous terre de Babylone et de Ninive, et le déchiiTrement des inscriptions cunéifonnes dont leurs murs sont couverts, constituent sans doute Tune des plus brillantes découvertes de notre siècle ^ Tune des plus riches en révélations.
Demandes àun Anglais instruit, à supposer quMl se soucie (^'antiquités orientales, quel est le premier qui a découvert les ruines de Ninive, il répondra sans hésitation que ' V^t Sir Henry Layard. Demandes-lui quel est le premier qui a déchiffré les inscriptions cunéiformes, il répondra
II NOTIGK SDR JULES MOHL.
:^rH6ni7 Rawlinson. Eh bien! les deux réponses sont Mtièrement et absolument fausses, et j'hésite d'autant moins i le dire que le mérite qu'ils ont eu, Tunà découxtir les taureaux de Ninive et tant d'autres antiquités, r«Qtro i copier et àtraduire quelques-unes des inscriptions (cunâiformes les plus importantes, est assez grand pour q\iMls soient les derniers à accepter une gloire qui serait ^^le d'autrui. Bien avant que Sir Henry Layard songeât à Ninive, bien avant que Sir Henry Rawlinson eût rien publié des inscriptions de Behistun, nous voyons M. Mohl signaler à ses amis français Timportance des découvertes à fidre sur le sol historique de la Mésopotamie. Il était itlors en correspondance active avec Schultz, l'infortuné voyageur qui avait été envoyé en mission en Arménie pour copier les inscriptions cunéiformes signalées dans le vieux château de Van. Dès le premier de ses rapports, en 1840, Mohl aval ta annoncer lamortde Schultz, assassiné pendant qu'il copiait ces inscriptions. C'est Mohl qui sauva ses |)apiers de l'oubli et pressa le gouvernement de publier les matériaux les plus importants réunis par son malheureux ami. Il nous apprend dans le même rapport les résultats auxquels on était arrivé jusque-là dans le déchiffrement de l'alphabet cunéiforme. Depuis que Grotefend avait prouvé que ces gi*oupes de clous qui couvraient les murs des anciens palais de Persépolis formaient réellement des inscriptions, qu'ils désignaient des voyelles et des consonnes, et que le début de certaines inscriptions contenait certainement les noms et les titres de Darius et de -ois des rois, l'on n'avait guère fait de progrès 1836, année où Burnouf et Lassen publiaient