‹ Vingt-sept ans d'histoire des études orientales;Chapitre 3 sur 112 · TI AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

TI AVANT-PROPOS

ciété. Mohl, chargé de ces rapports, en élai^t singulièrement le cadre. Il y comprit le champ entier des études orientales, et se chargea de rendre compte à ses confrères de tous les travaux accomplis dans Tannée. Pendant vingt-sept ans, il remplit cette tâche difficile avec une supériorité qui a été reconnue de tous. Embrassant le monde entier, Mohl groupait dans un exposé simple, facile, lumineux, tous les progrès que fai saient oes belles recherches» St combien les circons* tances furent favorables à ce grand et lai^e rappor teur ! L'Assyrie, qui semblait perdue b jamais, sortani de dessous terre^ l'égyptologie atteignant un degi^ô di certitude qu'on avait b peine osé espérer , le chinoî compris dans ses plus délicates profondeurs, les Vé das et les origines aryennes éclairés de lumières inal tendues, les monuments du bouddhisme découverts ( compris, l'histoire de la littérature hindoue se dôgs géant des chimères dont on l'avait eintourée d'abord ce fut l'âge d'or des études orientales; Mohl en fut digne, savant et éloquent historien ^

On a cm faire une œuvre utile en réimprimant da leur ensemble ces précieux morceaux éparp dans vaste collection du Journal Asiatique. Ds forment plus parfaite histoire des études orientales vers le n lieu de notre siècle ; ils constituent également l'o vrage principal de M. Mohl. Les recherches de TilU

AYANT-PROPOS. YII

tre académicien sur l'ancienne Perse, la traduction qu'il a donnée de cette belle épopée qui jette un jour si vif sur le vieil Iran et sur l'ensemble des traditions aryennes, sont des ouvrages d'un rare mérite. Le grand titre de M. Mohl à la reconnaissance des savants est cependant, avant tout, l'influence qu'il a exercée. Il sat présider aux études relatives à l'Asie avec une solidité de jugement et un esprit philosophique qui seuls peuvent donner de la valeur à des travaux éparsetsans lien apparent. Ce lien, il le créait par sa judicieuse et savante critique; son autorité aidait les esprits amis de la vérité à distinguer le mérite sérieux des succès faciles qu'on trouve souvent auprès du public en flattant ses goûts superficiels. Par là M. Mohl a occupé dans nos études une place de premier ordre ; le vide qu'il a laissé ne sera pas de sitôt rempli. Âmi du vrai et du solide en toutes choses, il ne faisait aucune part à la vanité, à l'envie de briller. Sa direction a été aussi efficace qu'éclairée. Avec lui, une des meilleures parties de notre société lettrée est descendue au tombeau.

Ernest Renan.

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