NOTICE SUR JULK6 MOHL. XI
rai, en partie d*aprcs les notices biographiques publiées après sa mort^ en partie d'apràs les commuûicatioos par« ticulières de sa veuve el d'autres membres de sa famille.
Julius Hobl naquit à Stuttgart , le 33 Octobre. 1800. Son père était un haut fonctionnaire civil du royaume de Wurtemberg, et ses trois frères se distinguèrent chacun dans sa carrière : Robert, Talné, dans le droit et la politique; MoritZy dans l'économie politique; Hugo, dans la botanique. L'éducation des quatre frères se fit, comme c'est assez l'habitude dans les familles allemandes, & la maison autant qu'à l'école : le système du gymnase, avec son externat, laisse aux parents une grande part de la responsabilité et de la peine. Comme c'est généralement le cas pour les hommes distingués, la mèredeMohl était, nous dit-on, une personne d'un esprit très cultivé, qui unissait un grand charme de manières à la force et à l'originalité du caractère et qui se dévouait à l'instruction de ses enfants autant qu'aux soins plus humbles du ménage. Jules montra de bonne heure l'amour de l'étude ; l'on raconte qu'encore enfant, il se levait tous les jours pour lire à quatre heures du matin ; j'aime à croire qu'il n'y a là qu'une de ces légères exagérations qui -se glissent souvent dans les Évangiles de V Enfance des hommes qui se sont plus tard distingués dans la vie.
Quoi qu'il en soit, Jules Mohl terminait à dix-huit ans sa carrière d'écolier et se rendait à Tubingue pour étudier la théologie. 11 se rencontra là avec Christian Baur, le futur fondateur de la nouvelle école de théologie, l'é-
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cole dite de Tubingue : il semble qu'il y fit aussi la connaissance de David Strauss. Mécontent de Tesprit étroit et purement théologique qui présidait aux études sur le christianisme, l'hébreu fut pour lui, comme il Ta été pour tant d'autres, le chemin de passage de la théologie à l'orientalisme. Quoique nommé en 1822 à une petite cure, il se sentit de plus en plus attiré par les études orientales, et résolut en 1823 de se rendre à Paris, où le Collège de France leur ouvrait alors leur seul centre d'enseignement en Europe. Il suivit d'abord les cours d'arabe et de persan de Sylvestre de Sacy et les cours de chinois de Rémusat. Il ne se confina pas dès le début, comme c'est tant l'usage à présent, dans l'étude d'une langue spéciale, et il essaya de devenir un orientaliste dans toute l'étendue du mot. 11 voulait apprendre à connaître, comme il l'écrivait alors, € les idées qui ont gouverné l'humanité, » en particulier dans les périodes primitives de l'histoire orientale. Il ne fut pas longtemps à gagner l'affection de plusieurs des grands orientalistes de Paris, et la société où ils vivaient, le charme de leurs manières et de leur conversation, la largeur de leurs vues, produisirent, semble-t-il, une impression profonde sur l'esprit du jeune savant, frais échappé de? chambres étroites du séminaire de Tubingue et de l'enseignement traditionnel de ses doctes professeurs. Après tout, il n'est rien de si délicieux, que la bonne société française, et il ne faut pas oublier que l'aisance, la grâce, l'éclat de cette société ne tiennent pas seulement à la perfection des manières, mais à des causes plus profondes, une bonté générale avec moins d'égoïsme et de pharisaïsme que partout ailleurs. Alexandre de Humboldt