‹ Vingt-sept ans d'histoire des études orientales;Chapitre 72 sur 112 · Journal asiatique^ année · texte numérisé non relu

Journal asiatique^ année

t. Jèid. année ISâO, ;). Ibid. année 1856.

ÂNIYÉE 1866-1867. 715

gne dissertation sur les sources où avait puisé Ibn Gebirol, ^et sur rinûuence que sa philosophie a exercée pendant plusieurs siècles. Il a accompagné cet exposé d'une série de notices sur les principaux philosophes arabes et leurs doctrines, et d'une esquisse historique de la philosophie chez les Juifs, depuis Philon jusqu'à la destruction des écoles juives en Espagne *. Ce travail, extrêmement remarquable par l'étendue du savoir et par la nouveauté de beaucoup de faits et de points de vue, forme une des plus belles contributions à l'histoire de la phi* losophie du moyen âge; M. Munk nmis en offre le côté oriental, non pas avec plus de détails, mais avec plus de précision que tous ses prédécesseurs.

Cet ouvrage lui ouvrit, en 1858, les portes de l'Académie des inscriptions, et Ton put voir alors dans les discussions les plus variées, que le hasard des lectures amenait, combien le savoir de M. Munk était sûr et étendu, et avec quelle promptitude sa mémoire lui fournissait les preuves de ce qu'il avançait et les paroles mêmes des auteurs qu'il citait. On comprit alors quels trésors d'érudition il avait amassés et comment il était possible à un homme parfaitement a^ugle de composer des ouvrages qui paraissaient exiger l'aide constante des yeux les plus infatigables. On pouvait faii^ la même remarque dans son cours d'hébreu au Collège de France, ou il fut appelé quelques années plus tard, et oà Ton voyait le spectacle ioQcfaant d'un professeor aveugle qui faisait écrire par un assistant le texte qu'il expliquait et qu'il commentait avec tous les développements et toute la précision possibles. Mais je reviens à ses travaux ou phitôt à son dernier ouvrage, le plus censidcrable et le plus surprenant de tens, son édition du Guide des Égarés, par Moïse le Maîmonide *.

1. Méiamges de philomphie Juive et arvhe, par H. Munk. Paris, 1859,

2. Le Guide des Egarét, traité de théologie et de philosophie, par Moïae ben Maimon, dit MaimotUde, par S. Munk. 3 yoI. Paris, 1856-1866, in-8».

Le Maîmonide était un des plus grands esprits du xii* siècle. Élevé à Cordoue et initié également dans ]a théologie juive et dans toutes les sciences des Arabes, il passa la plus grande partie de sa vie au Caire, protégé par Saladin et ses succf'sseurs, dont il était le médecin. Ayant acquis de bonne heure une immense autorité auprès de ses coreligionnaires par son savoir, sa piété et la profondeur de son esprit, dont de nombreux ouvrages avaient témoigné, il composa Le Guide de$ Égarés pour réconcilier la religion et la raison, ou plutôt la philosophie et la théologie. L'esprit des juifs était alors tiraillé entre le culte servile de la lettre tel que les Talmudistes l'enseignaient, les étranges fantaisies de la Cabbala et les systèmes philosophiques gréco-arabes qui régnaient dans toutes les écoles du temps. Le Maîmonide entreprit de mettre de Tordre dans ce chaos d'opinions et de points de vues contradictoires, de tranquilliser les âmes pieuses en leur démontrant que la philosophie pouvait s'allier avec la croyance et de ramener à la religion les adeptes de la philosophie en prouvant que les treize articles de foi qu'il avait établis dans un ouvrage antérieur étaient compatibles avec }e& vérités philosophiques. Son système est en général conforme à celui des péripatéticiens, mais il s'en écarte dans quelques grandes questions, comme, par exemple, dans celle de la création, et il use de la même liberté dans l'interprétation de la Bible, où il n'hésile pas à adopter un sens métaphorique ou allégorique quand sa thèse l'exige. Il développe son système avec toutes les ressources de son savoir et en se servant d'uae ai^umentation dont la forme est empruntée aux subtilités des Talmudistes et à la pédanterie des scolastiques, mais sous laquelle on sent une certaine poésie et la vigueur d'un esprit très supérieur aux arguments qu'il est obligé d'employer pour se faire écouter. Ce livre produisit les orages les plus violents dans les communautés juives et eut un retentissement immense dans les écoles chrétiennes, auquel il n'était pourtant pas destiné. Aujourd'hui, où la guerre théologique est portée sur un tout autre terrain, où le problème est autrement posé et

débattu selon des méthodes différentes, Le Guide des Égarés reste un monument mémorable de Tesprit humain et une mine de renseignements sur la philosophie arabe et scolastique du moyen âge et sur la manière dont se traitaient alors ces grandes, questions qui ne cesseront jamais d'agiter l'humanité.

Cet ouvrage si célèbre n'était pourtant connu que par deux traductions, l'une en hébreu, faite par un élève du Maïmonide, Ibn Tibbon, et tellement littérale qu'elle est difficile à entendre, l'autre en latin, faite par Buxlorf sur la traduction de Tibbon. On comprend que la découverte de l'original écrit en arabe ait fait naître dans M. Munk le désir d'en publier une édition digne de l'ouvrage et de l'état actuel de la science. La nature du sujet, la célébrité de l'auteur, l'honneur qui en reviendrait aux lettres israélites étaient pour lui des motifs irrésistibles; il réunit pendant vingt ans des matériaux pour ce travail, alla à Oxford pour compléter le manuscrit qu'il avait découvert à Paris, et fit toutes les recherches qu'exige le commentaire d'un pareil ouvrage. Il perdit la vue au moment où ces travaux préalables approchaient de leur fin; il se mit néanmoins à l'œuvre et, à travers toutes les difficultés qu'on peut imaginer, il parvint à achever l'année dernière l'impression du texte, de la traduction et du commentaire du Guide des Egarés, qui resteront le plus beau monument deson savoir et de son courage.

Il avait eu l'intention d'ajouter un quatrième volume qui devait contenir la vie du Maimonide et l'exposé de son système; malheureusement il n'en eut pas le temps. Le 6 février de cette année, il s'était tenu chez lui une séance du consi>toire Israélite; il y avait parlé plus et plus gaiement qu'à l'ordinaire; mais à peine ses collègues avaient-ils quitté la maison qu'il fut frappé d'une congestion cérébrale qui l'enleva en peu d'instants. Peu d'hommes ont été plus respectés et plus regrettes; son savoir, son esprit de charité, la patience avec laquelle il

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supportait son iafiraité, le pea qu'on satait cm qu'en derôuit des luttes contre le sort qu'il atait si vailiammeni souteanes pendant nme grande partie de sa vie, tout se réonissait pour inspirer de la tendresse et de radoiiration pour luL

J'arrive à l'état des travaux de votre Conseil peadani cette année. Votre JournaP a paru régulièrement, quoiqu'il soit dans ce moment un pien en retard. Nous avons à demander l'indulgence de nos lecteurs à ce sn|et; nais le surcroît de trayail que l'Exposition donne à l'Imprimerie impériale doit nous servir d'excuse pour un ralentissement qui ne sera qoe très temporaire. Le contenu du Journal est le prodiMt et Findice de travaux trèsvariés surtontes les parties de la littérature et de l'histoire de l'Orient. H. Belin nous a envoyé de Constantinople une nouvelle étude sur Alî Scbir; il nous avait donné auparavant la curieuse biographie de ce ministre d^un prince timouride du xv* siècle, homme d'État, poète, historien et moraliste. C'est sous ce dernier aspect que M. Belin oons le présente aujourd'hui, pensant avec raison que c'était chose très digne d'intérêt que de voir l'impression qoe la vie qu'il avait menée, vie brillante, respectée et, malgré quelques vicissitudes, en général heureuse, avaft laissée sur cet esprit délicat et cultivé. On trouve dans ses œuvres la morale mnsiilmane ordinaire exprimée avec élégance, modérée par Texpèrience qu'acquiert un homme d'État, et pénétrée d'une certaine tristesse qui ne va pas jusqu'à la misanthropie, mais qui est au fond de l'âme de l'autenr. On ne doit pas s'en étonner; la splendeur de ces princes turcs en Perse et le ratfinement qui les entourait ne pouvaient cacher à des jeux clairvoyants le sentiment de la décadence qui entraiteait irrésistiblement la Perse à sa ruine. Les esprits un pea élevés se jetaient dans le mysticisme desSoufis, et c'est ainsi que les meilleures forces du pays se sont usées depuis des siècles dans le décon-

i. Journal asiatiquCf publié par la Société asiatique. Sixième série, L Vil et VIH. Paris, i866-i867, in-S*.

ANNÉE 1866-1867. 7tt>

rarement et dans lerenooGement aux affaires publiques. C'est ainsi qu'une grande nation, rempUe de talents et digne d'un meilleur sort, est descendue graduellement jusqu'au point où nous la voyons aujourd'hui.

L*histoire des Babîs, que M. Kasem-Beg nous raconte dans le Journal asiatique, est une tragédie sanglante, qui éclaire pour un instant d'une lueur sinistre l'étal actuel de la Perse; elle nous montre la faiblesse du gouvernement et les aspirations déréglées d'une partie de la population, qui espère une régénération du pays par un nouveau prophète. On ne peut que s'intéresser à ces mouvements, qui montrent au moins qu'il y a encore de la vie et la capacité de souffrir pour une idée et une espérance; mais il est à craindre que des convulsions de ce genre n'achèvent d'épuiser le pays au lieu Ae conduire à quelque chose de mieux.

M. Devéria nous a donné le texte et une partie du commentaire du papyrus judiciaire de Turin, dont il avait, l'an dernier, publié la traduction dans notre Journal. En comparant la procédure de ce tribunal exceptionnel, qui avait à juger un procès de haute trahison dans le harem même de Ramésès III, avec les autres papyrus judiciaires que nous connaissons, grâce aux travaux de MM. Birch et Chabas, il parvient à préciser une foule de points relatifs à la constitution et aux usages des tribunaux égyptiens. L'étal de santé de Fauteur l'avait empêché jusqu'à présent de nous fournir le reste de ce beau travail, mais nous espérons maintenant pouvoir en publier prochainement la fm. C'est vraiment merveille de voir comment on fait revivre aujourd'hui, à force de travail et de sagacité, et à l'aide de méthodes rigoureuses, l'image de toutes ces nations antiques, et comment on retrouve peu à peu la vie et la fibre humaine dans des monuments à l'intelligence desquels on devait croire qu'on n'arriverait jamais.

C'est par une curiosité du même genre que M. Feer entre-

prend de préciser par la critique les faits primitifs du Bouddhisme, qui sont encore entourés de tant d'obscurité, malfré les travaux nombreux dont cette religion a été de notre temps l'objet. M. Feer a publié dans notre Journal un mémoire sur la première prédication du Bouddha. Tout le monde sait et tous les livres bouddhiques répètent que ce grand réformateur a eu ses premiers succès à Bénarès et qu'il est revenu de là avec le noyau primitif de ses disciples dans sa patrie, le Magadba. Mais, entre le moment où Sakiamouni acquiert la conviction qu'il est le Bouddha et son voyage à Bénarès, se passe un certain temps qui a dû être de grande imporCauce dans l'histoire mentale du réformateur. La légende remplît cet intervalle par des fables évidentes, mais elle a conserré, commeà son insu, des faits tout historiques, dont M. Feer tire la preuve que Sakiamouni a fait à cette époque dans sa patrie ses premiers essais de prédication, qui ne réussirent pas et le jetèrent dans un grand découragement. Ce n'est qu'après avoir vaincu ce sentiment qu'il se rendit à Bénarès. On comprend très bien que la légende ait essayé d'effacer un premier échec et n'ait raconté que les succès postérieurs du Bouddha. M. Feer a entrepris de percer sur ce point curieux le voile épais de fables dont la vie de Sakiamouni a été enveloppée, et son explication rend très bien compte du petit nombre de faits que l'on entrevoit dans cet épisode de sa vie.

M. Feer nous a encore remis un mémoire sur trois anciens soutras bouddhiques, dont il donne la traduction d'après le texte tibétain, et dont il discute l'âge et la position dans Fensemble des livres canoniques des bouddhistes avec beaucoup de méthode et de circonspection. Nous ne sommes qu'à l'entrée de cette étude, et il faudrait bien du travail et bien des travailleurs avant que l'immense quantité d'écrits bouddhiques en pâli, en sanscrit, en birman, en tibétain, en singalais et en chinois, soit examinée et classée. Il serait impossible et inutile de s'occuper de la plus grande partie de. ces livres, mais il faut rechercher les ouvrages primitifs et ceux qui contiennent

des données historiques, et les publier et les traduire, avant qu*on voie clair dans le bouddhisme. Ce sera un labeur infini ; mais il faut qu'il soit entrepris, car cette religion est un fait trop important dans l'histoire de Thumanité, et elle exerce encore une '.trop grande influence, pour qu'on puisse se dispenser de l'étudier à fond.

H. Prudhomme nous a donné des extraits d'une compilation théologique arménienne de Yardan, auteur du xiii' siècle. M. Prudhomme commence par une biographie de l'auteur, à qui ses compatriotes ont donné le nom de Vardan le Grande ce qui, à en juger par ce livre, ne prouve que la décadence de leur littérature à cette époque. Mais comme c'était un homme savant et qu'il avait à sa disposition des auteurs arméniens et syriens que nous ne possédons plus, il nous a conservé, au milieu d'une masse d'inutilités, un certain nombre de faits dont l'histoire ecclésiastique fera son profit et que M. Prudhomme a eu la patience d'extraire pour nous.

M. Boucher a inséré dans notre Journal un mémoire sur deux poètes arabes antéislamiques, Orwa et Zou'l Asba. Le premier nous était suffisamment connu par la collection de ses poèmes et un mémoire sur sa vie par M. Noeldeke; mais le second n'a, je crois, été l'objet d'aucun travail. Il était de la grande tribu d'Adouan, une des plus puissantes de l'Arabie, jusqu'au v*' siècle de notre ère, où elle commença à décliner rapidement et ne tarda pas à disparaître de la Scène. Il ne reste plus d'autre souvenir de cette race que ces poésies, qui sont comme un petit fragment de leur vie, encore tout plein de leurs passions du moment. Elles sont tirées du Kitab al Aghani, qui cache encore tant de précieuses reliques de ce temps et dont il serait si important d'avoir une édition complète et une traduction au moins partielle. M. Ahlwardt a-t-il abandonné son intention de reprendre l'édition de l' Aghani que Kosegarten avait commencée, ou, à son défaut, n'y a-t-il personne en Allemagne qui veuille rendre ce service à la science? II. 46

m VINGT-SEPT ANS DHISTOiRE DES ÉTUDES ORIEISTALES.

Vous connaisses tous les études de M. Lèclerc sur U médecine des Arabes. Il traite, dans votre Joumal, des tradadioBS arabes des médecins grecs, de Tusage qu'on peut en faire et des précautions à prendre quand on veut s'en servir. D n donner prochainement lui-même l'exemple de l'applicatii» de ces règles, car nous pouvons espérer de lui la publicatioa d'ouvrages d'Hippocrate et de Galien perdus en grec et conservés en arabe, et une nouvelle traduction d'Ibn Bellhar.

M. Pauthier nous a donné la traduction de la relation d'oa voyage dans l'Asie centrale fait par un Ghinds da xm* aède, dans des circonstances singulières. Djinguiskhan avait eu une conversation avec un religieux Tao-ssé nommé Khiéoa, à la suite de laquelle il le nomma conseiller privé. Plus tard il lui ordonna départir pour les pays de l'ouest et d'y suivre des négociations à Samarkand et à Balkh. De retour da sa mission, il fit à l'empereur un rapport dont M. Pauthier a découvert une analyse très détaillée dans une encyclopédie chinoise. Il l'a traduite avec la note de l'éditeur chinois et l'a accompagnée de ses propres remarques. Je crois que le rapport orif^nal de Khiéou existe; mais il est plus que probable que les éditeurs de l'encyclopédie en ont tiré tous les faits qui peuvent nous intéresser. Cette relation forme un contrôle et une contrfr-par* tie précieuse pour une partie de la relation de Marc PoL

M. Derenbouff nous a donné un nouvel exemple très ing^ nieux de l'usage qu'on doit faire, dans l'interprétation du texte hébreu de la Bible, des anomalies apparentes de la pooctaation masorétique, en l'appliquant à un passage difficile du livre d'Ezra. Enfin M. de Rosny a publié la fin de ses études sur la langue coréenne; il y traite de l'origine de l'alphabet ooréea, qu'il rattache, comme l'avait fait M. Edkins, au moins en partir «^ rinde, par des influences bouddhiques; ensuite il pose la question compliquée et difficile de l'ethnographie des Coréens. Leur pays, qui s'est défendu avec tant de sollicitude conire tout contact avec les peuples étrangers, sera forcément en-

tntné, connue le Japon l'a élé, à des rapports avec les pttU* sances européennes, et il est bon que l'Europe apprenne à le coonattre avaatd'eiercer sur lui une influence qui sera plus ou moins oppressive en proportion des connaissances qu'on aura de sa langue et de son organisation sociale.

Votre Journal contient encore un nombre d^articles de moin* dre étendue que je ne puis énumérer, mais dont chacun a son intérêt et qui tous témoignent du sérieux et de l'étendue de nos études orientales.

Votre CoUectiond^auteurs orientaux n'a pas fait de progrès pendant l'année dernière; mais je crois pouvoir vous annoncer pour Tannée prochaine le cinquième volume de Hasoudi, par M. Barbier de Meynard, qui avait très généreusement employé au règlement de vos affaires le temps destiné à cet ouvrage. J'espère aussi que l'achèvement de la traduction d'Ibn Khaldooii et la prochaine terminaison de la traduction d'Ibn Khallikan permettront à M. de Slane de s'occuper de la publication de la description de l'Inde par Albirouni, qui a été si malheureusement interrompue par la mort de M. Woepcke et qui devient de plus en plus importante pour le progrès des études historiques sur l'Inde ancienne.

Koê rapports avec les autres Sociétés asiatiques sont toujours également amicaux, quoique la régularité de nos communications avec elles paraisse encore souffrir par suite de la cessation de la librairie Duprat, qui a été pendant si longtemps notre intermédiaire. Il se peut aussi que quelques-unes de ces Sociétés aient subi un ralentissement dans leurs publications, comme je le sais et le déplore pour la Société de Slianghal. Je vais énumérer les travaux des Sociétés autant qu'ils sont parvenus à ma connaissance.

La Société asiatique de Calcutta a continué à publier son

Journal en deux séries, l'une historique^ et archéologifie, l'autre scientifique et géographique*. Cette division a rendu nécessaire la publication des comptes rendus des séante dans une série à part % et cette multiplicité des œuvres crée pour nous, à cette grande distance et avec le nombre des iatermédiaireSy une difficulté croissante pour les recevoir complètement et dans leur ordre. Aussi ne pourrai-je pas donner une liste satisfaisante des principaux articles, n'ayant devant moi que deux cahiers de chaque série pour 4866. Ce qui m'a frappé en les lisant, c'est l'activité que les exploratioas du général Cunningham ont imprimée à la recherche des monuments bouddhiques de l'Inde, le nombre de découvertes qu'elles provoquent, et le soin avec lequel on les décrit

La Société a continué avec une grande vigueur la publication de sa Bibliotheca indicay dont il a para en 1866 vingt-quatre numéros ^ La plus grande partie de ces cahiers

1 . Journal of ihe Asiatie Society of Bengal, edited by tiie philological sccretary. Calcutta, 1866, in-S". (Je ne connais que les cahiers S et 3 de cette année.)

2. Journal of the Asiatie Society of Bengal, edited bj the natnral tablorr secretary. Calcutta, 1866, in-8<*.

3. Proceedingn of the Asiatie Society of Bengale ediled by the gmenà sccretary. Cah. 1-12, 1866. Calcutta, 1866, in-8*. (Il doit avoir para sb nombre égal de cahiers pour 1865, mais je n'ai pas pu les trouver.)

4. Voici la liste des cahiers qui ont paru en 1866 : Ancienne série :

Numéro 215. A biographical dictionary ofpersonswhoknewMohammai. by Ibn Hajar. Vol. IV, fasc. yiu

Numéro 216. The Taittiriya Brahmana of the Black Y^ar Veda, éditât by Babu Rajendralala Mitra. Fasc. xxi.

Numéro 217. The Sahitya Darpana, or Mirror of composition, by Vîsvinatha Kaviraja, translated into english by Babu Pramodadara Mitra ao: the late J. Ballantyne. Fasc. iv.

Numéros 218 et 219. The Sanhita of the Black Yagur Veda, with the mentary of Madhava Acharya. Fasc. xx et xxi.

Numéros 87 et suivants. The Alamgir Namch, by Muhammôd Fasc. I et tx.

Numéros 88 et 97. The Taittiriya Aranyaka of the Black Ysgur Veda,«iUi the commcntary of Sayanacharya. Fasc. ni et iv.

Numéros 90 et 93. The Srauta Sutra of Aswalayana, with the conraentary of Gargya Narayana. Fasc. ix et x.

ANiNÉE 1866-1867. UU

forment des continualions d*ouvrages commencés auparavant.

La collection des annales des empereurs de Dehli, dont H. EUiot avait formé le plan et qui paraissent dans la Bibliotheca indica sous la direction de M. Nassau Lees, s'est enrichie de deux nouveaux ouvrages, l'histoire de Schah Djihan, par Abdul Hamid de Lahore, et celle d'Aleraguir, par Mohammed Kazim. M. Blockmann va commencer dans la même collection une édition de TAjln Akberi. Cette célèbre statistique de rinde est entre les mains de tout le monde par les nombreuses éditions de la traduction de Gladwin ; mais le livre est si curieux et il est tellement hérissé de chiffres et de noms propres, qu'une édition du texte d'après les meilleurs manuscrits qu'on pourra trouver dans l'Inde sera bien précieuse.

La Société publie dans la Bibliotheca indica les exposés classiques des systèmes philosophiques des six écoles principales indiennes. II ne manquait à sa collection que l'exposé du Yoga par Patanjali ; le Babou Radjendralala Mitra s'est chargé de remplir cette lacune et d'accompagner ce texte d'une traduction en anglais.

La Société de Calcutta avait formé dès sa première fondation un musée d'histoire naturelle, qui, à la fin, était devenu trop grand pour ses ressources, quoique trop petit pour Tcmpire. Il est impossible qu'une Société libre satisfasse aux besoins presque illimités d'un musée national pour un pays comme l'Inde; ni son local, ni ses moyens pécuniaires ne peuvent y suffire. A la fin le gouvernement a consenti à for-

Numéros 95 et 101. The Mimansa Darsana, with the commentary of Savara Swamin. Fasc. m ctiv.

Numéros 96, 100 et 105. The Badshanamah by Abdul Hamid Lahawri. Fasc. 1 et m.

Numéro 102. The Grihya Sutra of Aswalayana, with the commentary of Gargya Narayana. Fasc. i.

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mer un musée indien et a construit un palais pour le log9; la Société y a déposé ses collections, et se contentera dorémvaut de Tenrichir et de publier dans la série scientifique de son Journal les annales du musée, sans être le gardien de ces richesses, qui exigent dans ce climat des soins encore Ue& plus grands que dans le nôtre. Elle aura alors les mains plus libres pour poursuivre son but propre, qui est d'étudier et de faire connaître l'Inde sous tous ses aspects, et cette t&die esl encore tellement vaste qu'elle dépassera toujours les forces d^une Société, si nombreuse, si riche et si zélée qu*eUe soit. Dans ce moment elle organise un congrès il*ethnographie, poar lequel les matériaux abondent dans Tlnde, et qui peut donner une grande impulsion à cette science naissante. La Société a pnblié, comme une invitation â ce congrès et comme un commencement de ses travaux, un volume' contenant une dissertation générale extrêmement intéressante de M. Campbell sur l'ethnologie indienne, un mémoire sur les Koles de Nagpore et quelques vocabulaires rédigés par diverses personnes. Elle annonce qu'elle continuera cette pubUcatioo ethnologique, qui peut devenir très importante.

La Société asiatique de Londres a publié la dernière partie du second volume de la nouvelle série de son JournaP, et les mémoires qui la remplissent sont d'un grand intérêt. Us commencent par un travail de M. Muir sur les prêtres dans Tàge védique; c'est la continuation de la série des travaux qu« Tauteur poursuit depuis longtemps sur les croyances et Tétat social de Tlnde antique. Dans un second mémoire, H. Hoir entre en plein dans la grande question de Tautorité que V<^ doitattribuer aux commentaires indiens des Yédas, particulîèr^

1. Journal oftheAsiatic Society ofBengaLPaLti. Il, 1866. SpecUtl ber. Ethnology. Calcutta. 1856, in-S"* (!278 pages). Ce volame se rmUAche i la seconde série du Journal, mais sans en faire partie intégrante. Il a sa pagination à part et sera continué dans la même forme.

2. The Journal of the Royal Asiatic Society of Great Britam ùnd inland, New séries, vol. Il, p. 2. London, 1866, in-8*.

ment à ceux de Sayana, question qui a été tant et si passionnément débattue par les indianistes de notre temps. M. Max Mûller, à Toccasion des hymnes des Gaupayanas, traite plus brièvement cette même question et quelques autres relatives à Sayana et à la critique de son texte. Enfin M. Hinks a donné dans ce volume le commencement d'une série de chapitres dans lesquels il se proposait d'établir ses opinions sur la grammaire assyrienne en tant qu'elles différaient de celles des autres assyriologues. Il est malheureusement mort avant d'avoir pu rédiger la suite de ses observations, et c'est grand dommage, car M. Hinks était un homme de beaucoup de savoir, d'un esprit original et d'une grande sagacité, et une discussion telle qu'il la provoquait ne pouvait tourner qu'au grand avantage de la science.

Le Comité des traductions vient de publier le premier volume de la traduction de Tabari par M. Zotenberg^ Vous savez que M. Dubeux avait commencé ce travail pour le Comité, qu'il a publié la première moitié du premier volume et qu'il est mort sans pouvoir poursuivre cette entreprise, à laquelle il tenait infiniment. Le Comité a repris la publication dans une nouvelle forme ; M. Zotcnberg a revu la traduction de son prédécesseur, dont il a gardé tout ce qu'il a pu ; il a omis les notes de la première édition et les a remplacées par un petit nombre d'observations mises à la fin du volume. La traduction sera faite sans aucun retranchoment, et l'ouvrage entier formera quatre volumes ; le premier comprend l'histoire ancienne jusqu'à la mort de Jésus-Christ. C'est une entreprise bien entendue et bien exécutée, qui fera honneur au traducteur et au Comité.

1 . Chronique de AboU'Djafer-Mohammed ben Djarir ben Yezid Tabari^ tradaite sur la version persane d'Abou-Ali Mohammed Belami, d*aprës los manuscrits de Paris, de Gotha, de Londres et de Cunterbary, par M. Hermann Zotenberg:. T. I, Paris, 1867, in-8" (viii et 599 pages). (Par une faveur de la Société de Londres, les membres de la Société de Paris peuvent faire prendre ce volume chez M. Labittc, quai Malaquais n« 5, au prix de 7 ir. Le prix pour le public est de 9 francs.)

Le second ouvrage que le Comité Uent à terminer est U traduction des Vies des hommes célèbres de rislauiy par It» Khallikan. H. de Slane en avait publié, il y a déjà longtemps, les deux premiers volumes; des voyages et d'autres travaux en avaient interrompu la continuation, mais il a cédé au instances du Comité et en a repris Timpression. La tradactioD de l'ouvrage entier est prête, le troisième volume est imprimé en grande partie et aurait déjà paru, si l'imprimeur y avait m\s un peu plus de diligence. Dans tous les cas, l'achèvement prochain de cet ouvrage, un des plus importants de la littérature arabe, est assuré.

La Société orientale de Leipzig, qui est ordinairement U plus active de toutes les Sociétés asiatiques, a dû souffrir de la guerre civile qui a désolé l'Allemagne il y a un an, car nous n'avons reçu d'elle depuis un an que trois cahiers de son Journal*, et je ne trouve pas d'indications qu'elle ait Tait paraître de nouvelles livraisons de ses Mémoires pour servir à la connaissance de l'Orient, ou d'un des ouvrages dont elle fait les frais. Cette langueur ne peut être que de courte durée dans un pays où la science déborde et jouit d'un degré de sympathie qu'elle ne trouve nulle autre part, et qui s'impose aux gouTernements même les moins portés pour les choses de l'esprit. Au reste, les trois cahiers du* Journal qui ont paru et qui complètent le volume XX de cet important recueil, nous offrent bien des travaux remarquables dont je ne puis citer que quelques-uns.

M. Lévy, qui a pris sur lui le pieux soin de publier le travail de M. Osiander sur les inscriptions himyarites, nous en donne dans ce cahier la deuxième et dernière partie. L'auteur y traite des formes grammaticales de la langue et résume les résultats de ses recherches à l'appui de son opinion sur la position du himyarite entre l'arabe et l'éthiopien, qu'il fixe à

1. Zeitschrift der dentâchen morgenlândêachen GutUt^kafl^ vol. XX, cah. 2, 3 et 4. Leipzig, 1866, in^o.

peu près de la même manière que Fresnel, mais avec plus de précision que n'avait pu le faire celui-ci; ensuite il entre dans une discussion sur les noms des dieux des Sabéens au milieu de laquelle le manuscrit cesse. Ce beau travail ne peut que redoubler le regret qu'a fait naître la mort prématurée d'un jeune savant si sagace, si instruit et si ardent. Il est étonnant qu'on ait pu tirer d'un si petit nombre d'inscriptions autant de résultats; mais il reste une moisson bien plus ample à faire, car il est certain qu'il existe encore des centaines et je crois des milliers d'inscriptions à copier dans Tintérieur du pays de Saba, et il faut espérer que des circonstances favorables en ouvriront un jour ou l'autre l'accès à un explorateur hardi et heureux.

M. Trumpp, qui a été longtemps missionnaire à Peschawer, publie une relation de voyage très curieuse de deux de ses convertis dans le pays des Kafirs du Hindoukousch, un des plus inaccessibles du monde. Il la fait suivre d'une dissertation sur la langue et l'origine des Kafirs, qu'il prend pour une population indienne qui aurait été refoulée par les Afghans et serait restée sans communication avec l'Inde depuis bien des siècles. Mais les matériaux dont on dispose aujourd'hui pour des recherches sur ces populations sont encore bien insuffisants pour donner lieu à des conclusions certaines.

M. Stickel a publié un certain nombre d'inscriptions antiques sur des morceaux de plomb d'une forme singulière, qu'on a trouvés à flamadan. 11 résulte de son examen que ce sont des bulles qui devaient être attachées à des documents officiels conservés dans les archives. Elles sont toutes datées du m'' siècle de l'hégire. M. Stickel finit par demander qu'on fasse des fouilles à Hamadan, et il est certain qu'il y a peu d'endroits en Orient qui promettent mieux que cette ville une abondante récolte de monuments de tout &ge.

M. Plath continue la série déjà longue d'études qu'il avait

commencées dans diverses publications de l'Académie de Monich, et qui a pour objet la Chine antique, avant et jusqu'au temps deConfucius^ Le mémoire qu'il vient de publier dni' le Journal oriental de Leipzig traite des opinions des ChiBoLs avant Confucius^ sur l'immortalité de Tàme.

M. Steinschneider avait appelé, il j a quelques années, Fattention sur un étrange petit coin de la littératare arabe, c'està-dire sur les livres qui traitent des secrets des magiciens, bateleurs et charlatans de toute sorte, et surtout sur l'ouTrafe d'un certain Djaubari. M. de Goeje répond à sa question par une analvse de ce livre, dont le titre est : les Secrets dieoHé$. et qui nous fournit un bon nombre dé traits de mœnrs do peuple vers la (in du khalifat de Baghdad.

H, Geiger publie un savant mémoire sur les différences entre les Samaritains et les Juifs, dans l'application de la loi mosaïque. Il trouve dans ces différences la trace et l'indicatioi de deux systèmes opposés, qui divisaient dès les temps ancieft> les esprits dans le royaume de Juda et dans le royaume d'k-

1. Voici la série de ces travaux de M. Plath, autant qa'ils me S'>tconnus :

Ueber die lange Dauer und Entwicklung des chinesischen Reiclis. X-i nich, 1861, in-8*.

Die Tonsprache der alten Chinesen. Munich, 1861, in-i*.

Die hSusUchen Verhftltnisse der alten Chinesen, nach den chinesisci^ Annalen. Munich, 1863, in-8*.

Proben chinesischer Weisheit, nach dem Chinesischen des Mtng-tin-ps kien. Munich, 1863, in-8«.

Ueber die Quellen zum Leben des Confucius, namentUch seioe Ham^ sprâche. Munich, 1863, in-S».

Die Religion und der Cultus der alten Chinesen. Munich, id6â-^ in-* (en trois parties, dont la dernière consiste en textes lilhographié^V

Ueber die Verfassung und Verwaltung China's unter den drei ersten r> nastien. Munich, 1865.

Gesetz und Recht im alten China. Munich, 1865, in-4*.

Ueber Glaubwiirdigkeit der âltesten chinesischen Geschichte. Uiml' 1866, in-8«.

Confucius und seiner Schiller Leben und Lehren. I. HistoriacJie Et^-tung. Munich, 1861, in4*.

AICNÉE 1860-1867. 731

raël, et il entre dans de grands détails sur les points de divei^ence entre les doctrines et les pratiques des Pharisiens et celles des Samaritains et des Karaltea. Mais il m'est impossible de rendre en peu de mots justice à ce trafail et à une foule d*autres mémoires et articles qui remplissent les pages du Journal de Leipzig.

U me reste â dire quelques mots sur la Société asiatique de CeylanS qui, après une longue interruption, a donné un signe de vie, par un nouveau cahier de son Journal, dont la réapparition sera reçue avec plaisir par tous les amis de la littérature orientale. La Société a malheureusement perdu M. Gogerly, l'homme qui de tous les Européens a connu le mieux le pâli et la littérature bouddhiste du sud. Le nouveau cahier du Journal de Geylan a recueilli un fragment de ses travaux, qui consiste dans la traduction du discours par lequel le Bouddha commença son apostolat à Bénarës. H. d'Alwis publie deux mémoires, l'un sur les origines de la langue cingalaise, l'autre sur la démonologie et les superstitions des peuples à Cejlan. L'auteur, qui est bien plus à portée qu'aucun Européen de savoir la vérité sur ce dernier sujet, fait un tableau déplorablede l'état mental de ses compatriotes, tableau qui devrait servir de stimulant pour le Gouvernement anglais et plus encore pour la partie cultivée des hommes du pays, pour agir par les écoles contre les misères de cette perle des lies.

Je devrais maintenant vous parler. Messieurs, des ouvrages qui ont paru depuis deux ans, et je désirerais pouvoir vous présenter le tableau de l'activité qui règne dans la littérature orientale, vous dire ce qui a été publié sur les langues et les littératures de l'Asie et ce qui se prépare de tous les c6tés. Je devrais vous annoncer l'achèvement du catalogue des ma-

i . The Journal of iht CeyUm Branch oftke Royal Aiiaiie Society , 1865- 1866. Colombo, 1866, in-8« (184 pages).

nuscrits de la Bibliothèque de Vienne par M. Flûgel, le coumencement de la publication des catalogues de la Bibliothèque de Paris par M. Zotenberg, le quatrième volume du catalogue deLeydepar MM. de Jong et de Goeje, le troisième vo* lume du catalogue des manuscrits orientaux de Munich par M. Aumer. Je devrais vous parler des nombreux dictionnaires et des grammaires de langues orientales qui paraissent et qui rendront à nos successeurs ces études bien plus faciles, des progrès que fait le dictionnaire turc-arabe-persan de M. Zenker, du dictionnaire turc-oriental que M. Pavet de Courteille a sous presse, du troisième volume qui vient de paraître du grand dictionnaire arabe de M. Lane, du dictionnaire de la langue du Talmud que commence M. Levy, du dictionnaire sanscrit de M. Benfey, des progrès qu*a faits le grand ouvra^ sur le sanscrit par MM. Boehtlingk et Roth, du dictionnaire chinois que vient de commencer M. Pauthier, du supplément étymologique que M. Vullers va ajouter à son dictionnaire persan, du dictionnaire zend de M. Justi, du dictionnaire babylonien que M. Norris a sous presse, du dictionnaire cochinchinois df M. Aubarety de la grammaire égyptienne dont H. de Rou^r nous a donné le commencement, des travaux de M. Dorn sur les dialectes du Mazenderan et du Ghilan, de la syntaxe chinoise que prépare M. Stanislas Julien, des grammaires pâlies dont H. Grimblot promet la publication, de la grammaire bactrienne que M. Spiegel a publiée.

Je devrais annoncer le second volume de la belle collection d'inscriptions assyriennes du Musée Britannique que publient Sir H. Rawlinson et M. Norris, les préparatifs que fait M. Edouard Thomas pour une. collection épigraphique pehlevie, le plan d'un Corpus d'inscriptions sémitiques qa'* commence l'Académie des inscriptions.

Je devrais faire connaître la prochaine publication du premier volume des Historiens arméniens des Croisades par M. Oulanrier, l'achèvement de la traduction des Prolégomènes d^Ibo

Khaldoun par M. de Slane, TÉdrisi de M. Dozy, les nouveaux volumes de la Grande Chronique dlbn al Athir par M. Tornberg, les progrès que faitTédition du Mobarred par H. Wright, les préparations de M. Barbier de Meynard pour une traduction de la Géographie de Mokadessi, l'édition des Quatrains de Khèyam que M. Nicolas vient de terminer ; l'histoire des Sargonides d'après les inscriptions babyloniennes par H. Oppert, la nouvelle édition et la traduction du Chou-king par M. EdkinSy les contes calmouks de Sidi-Kour, publiés et traduits par H. Jûlg, Touvrage posthume de M. Graul sur le Tirouvalluver, la nouvelle édition de l'Archéologie indienne par M. Lassen, le beau travail de M. Brandis sur les monnaies et mesures babyloniennes, la nouvelle édition de la Vie du Bouddha par l'évéque Bigandet, la nouvelle traduction du Rig-Véda que nous promet M. Max Mùller.

Je m'arrête dans cette liste, qui pourrait être bien plus longue et dont chaque titre renouvelle mon regret de ne pas pouvoir essayer, si faiblement que ce soit, d'indiquer ce que chacun de ces ouvrages est destiné à accomplir, quelle lacune il remplit dans nos connaissances ou quelle voie nouvelle il ouvre aux études ; mais je n'ai ni le temps ni la santé nécessaireSy et je remets cette lâche au successeur que vous allez me donner, et qui la remplira, j'en suis convaincu, mieux que je n'aurais pu le faire.

Mais je ne puis terminer sans exprimer mon admiration pour tant et de si beaux travaux, destinés à porter la lumière dans toutes les parties de l'histoire de l'Orient et accomplis pour la plus grande partie à l'aide des plus pénibles sacrifices. Je ne connais dans l'histoire des lettres qu'un seul spectacle comparable à l'épanouissement des études orientales dans notre temps, c'est celui qui s'est présenté au xv* siècle, à la renaissance des lettres classiques. Il s'agissait alors de conquérir un monde oublié, de sortir de l'ornière séculaire et de refaire toute l'éducation des esprits en Europe. Notre tâche est moins

ambitieuse, mais elle est suffisamment grande et imporUale : il s'agit d*abord de faire l'histoire de la moitié du genre ha* maiOy et nous n'apprenons que graduellement à quelle iamense série de travaux de philolope, de critique, de |éogn> phie et de théologie cela nous oblige ; ensuite il s'agit de tùn connaître à l'Europe cet Orient qu'elle est occupée à dévorer sans l'appréder, et oà elle fait un mal irréparable par son igsorance des langues, des idées et de l'histoire de ces peuples. L'atenir de l'Asie dépend du plus ou moins de connaiflsancei que l'Europe acquerra sur elle. Répétons donc toujoiui le mot de Sq^me-Sév&re : Laboremtui

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