‹ Vingt-sept ans d'histoire des études orientales;Chapitre 71 sur 112 · Arabie, par Noël Desvergers. Pari», 1847, in · texte numérisé non relu

Arabie, par Noël Desvergers. Pari», 1847, in

2. UEtnirie et les Étrusques, ou Dixans de fouiUes dnu les martm>»es lo«can««« par Noël Desvergers, vol.I-[I,in-8*, voi.UI,tn-fol. Paris, 1862-1964.

ANNÉE 1866-i867, 713

Il se décida alors à venir à Paris, où il suivit pendant quelques années les cours de MM. de Sacy, de Chezy et de Quatremère, et partagea pendant dix ans sa vie entre Tétude, renseignement et la composition de travaux littéraires. Le dictionnaire des sciences philosophiques de M. Franck et la Bible de S. Cahen lui doivent quelques-uns de leurs articles les plus remarquables. Ces articles attirèrent peu à peu l'attention des savants, et M. Munk fut attaché, en 1840, au cabinet des manuscrits de la Bibliothèque royale, où il passa plusieurs années à classer et à cataloguer les manuscrits sémitiques et à préparer les grands travaux qu'il méditait. C'est à cette époque qu'il publia le premier volume qui porte son nom, la description historique et géographique de la Palestine^ qui fait partie de l'Univers pittoresque. C'est un modèle d'abrégé historique, où Ton sent à chaque phrase que l'auteur en savait bien plus que ce qu'il pouvait dire, et qu'il ne nous donne que le cadre et 1^ résumé de longues et profondes études sur l'histoire des temps classiques du peuple juif.

Malheureusement il n'eut plus le temps de revenir à cette partie de ses études, et nous devons être heureux d'avoir au moins sous cette forme abrégée l'ensemble de ses vues sur l'histoire et la littérature des Hébreux. Sa vue, fatiguée par un travail incessant et la lecture des manuscrits, baissa graduellement et s'éteignit à la fm tout à fait, de sorte qu'il fut obligé de quitter la Bibliothèque, et sa carrière littéraire devait paraître fermée au moment où elle commençait à s'ouvrir. Mais le courage qu'il avait montré toute sa vie ne l'abandonna pas dans cet affreux malheur, et il commença, à l'aide d'un secrétaire qui lui lisait et qui écrivait sous sa dictée, la série des travaux les plus étonnants qu'un aveugle ait jamais entrepris.

Il publia alors dans votre Journal une interprétation de

1. PaUttinCy description géographique, historique et archéologique, par S. Munk. Paris, 1845 in-8«.

l'inscription phénicienne de Marseille ^, qui est restée la meilleure qu'on ait donnée de ce monument. Il la fit suivre par une série d* articles sur l'histoire de la formatiou de la grammaire hébraïque et de la manière dont elle fut réduite ea règles par les Juifs du moyen àge^; puis il revint aux inscriptions phéniciennes et donna une interprétation de celle qni couvre le sarcophage d'Eschmunaeer, dont M, deLuynes avait fait don au Louvre '.

Il s'était occupé depuis longtemps de l'époque brillante de la littérature juive du moyen âge, où les savants de ce peuple, formés dans les écoles arabes, avaient adopté en grande partie la langue arabe et combiné l'étude de la philosophie aristotélique et néoplatonicienne avec celle de la Bible et de ses commentateurs, et avaient exercé, après la chute de la philosophie arabe, une influence notable sur les écoles scola»tiques de l'Europe. M. Munk avait découvert que des traités de philosophie qui avaient eu un grand retentissement dass les écoles européennes, où on les attribuait à un Arabe à qui on donnait le nom étrange A*Avicebron, étaient réellenient l'œuvre d'Ibn Gebirol, auteur juif du xi* siècle, dont les hymnes en hébreu jouissent encore aujourd'hui d'une grande estime dans les synagogues. Ces ouvrages avaient été composés en arabe; les originaux sont perdus, mais H. Munk avait retrouvé la traduction hébraïque du plus célèbre de ces traités, intitulé la Source de la rie, traité qui n'était connu q«e par de nombreux passages que saint Thomas et Albert le Grand ea citent et les emprunts que Dans Scotus et Giordano Bruno lui ont faits. Il parvint, malgré sa cécité, par «n grand effort de patienoe et de sagacité, à rétablir ce texte d'après un seal manuscrit fort incorrect. Il en publia de longs extraits, smim d'une Vie de l'auteur, d'une analyse de l'ouvrage et d'une

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