NOTICE SUR JULES MOHL. XYII
dans un pays différent du sien. Il résultait delà des échanges excellents de dons opposés, des mélanges féconds pour le progrès de la civilisation. Et comme une pensée vraiment haute présidait à ces changements de patrie, le pays le phis hospitalier était celui qui en bénéûciait le plus. )
Puis il y avait des amitiés, et plus encore» qui étaient pourbeaucoup dans la répugnance de Mohl à quitter Paris. '^ n'était pas à Tubingue qu'il eût retrouvé un d e Sacy et un Rémusat, un Fauriel et un Fresnel, un Saint-Martin, un Ampère, un Eugène Burnouf. Dans l'état politique de l'Allemagne d'alors, nulle part un jeune professeur ne pouvait avoir etia même indépendance et les mêmes moyens d'être utile à la science. Il pouvait vivre là dans les termes les piusagréables, non seulementavec les premiers savants du temps, mais avec des hommes tels que Guizot, Yillemain, Cousin, Thiers et d'autres dont il fut plus tard le collègue à l'Institut et qui en même temps^ à la tête des affairés, se oiontraient prêts à écouter ses conseils et à exécuter les plans que lui-même ou ses amis pouvaient leur suggérer pour le progrès des études orientales. Il ne faut pas oublier qu'en ce teriips sa qualité d'étranger, loin d'entraver 1^ succès de sa carrière à Paris, était plutôt une recomfiiandation. Non-seulement on lui offrait de grand cœur la tâche ou la place pour laquelle ne se présentait pas de concurrent français, mais on lui conférait sans jalousie les ^'^tuâliojDs les plus hautes et les plus honorables.
(^n1844, il était nommé à l'Institut; en 1847, il deve-