‹ Vingt-sept poèmes des Fleurs du mal. IllustrésChapitre 13 sur 18 · TRISTESSES DE LA LUNE · texte numérisé non relu

TRISTESSES DE LA LUNE

Ce soir, la lune rêve avec plus de paresse ;

Ainsi qu’une beauté, sur de nombreux coussins, Qui d’une main distraite et légère caresse, Avant de s’endormir, le contour de ses seins,

Sur le dos satiné des molles avalanches, Mourante, elle se livre aux longues pâmoisons, lit promène ses yeux sur les visions blanches Qui montent dans l’azur comme des floraisons.

les fleurs du mal

Quand parfois sur ce globe, en sa langueur oisive, Elle laisse filer une larme furtive,

Un poète pieux, ennemi du sommeil,

Dans le creux de sa main prend cette larme pâle. Aux reflets irisés comme un fragment d'opale,

Et la met dans son coeur loin des yeux du soleil.

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