‹ Vingt-sept poèmes des Fleurs du mal. IllustrésChapitre 14 sur 18 · LA DESTRUCTION · texte numérisé non relu

LA DESTRUCTION

Sans cesse à mes côtés s’agfte le Démon ;

Il nage autour de moi comme un air impalpable ; Je l’avale et le sens qui brûle mon poumon,

Et l’emplit d’un désir éternel et coupable.

Parfois il prend, sachant mon grand amour de 1 Art. La forme de la plus séduisante des femmes,

Et, sous de spécieux prétextes de cafard,

Accoutume ma lèvre à des philtres infâmes.

LES FLEURS Dl MAL

Il me conduit, ainsi, loin du regard de Dieu, Haletant et brisé de fatigue, au milieu Des plaines de l’Ennui, profondes et désertes,

Et jette dans mes yeux pleins de confusion Des vêtements souillés, des blessures ouvertes. Et l’appareil sanglant de la Destruction !

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