‹ Vingtième siècle. 1. sér 1924Chapitre 17 sur 48 · Ibid.,t. I, p · texte numérisé non relu

Ibid.,t. I, p

42 XXe SIECÉE quises sur l’oubli qui s’asséchent et se rebâtissent »#, ‘1 à «tirer des réserves obscures où nous les avions où bliées, les mélodies inscrites que n’a pas déchif. frées notre mémoire » ? que s’attache Proust dans sa poursuite de la vérité. Tout le premier volume du Côlé de chez Swann sort ainsi de la saveur d’une madeleine trempée dans du thé qui suffit 4 faire surgir de l'oubli toutes les années d’enfance passées À Combray *.

La confiance témoignée par Proust à la mémoire n’est pas d’un autre ordre que celle dont peuvent témoigner des naufragés, après que leur navire s’est englouti, dans le canot menacé par la mer en témpête où ils ont pris place. À chaque instant le canot de la mémoire risque d’être englouti par les mensoriges qui le battent de toutes parts. Et peut-être ne faudrait-il pas pousser beaucoup Proust pour lui faire avouer que cette mer de mensonges, C’est nousmême au même titre que le petit canot où nous sommes embarqués.

Le dépistage du mensonge entrepris par Proust ne vise nullement, répétons-le, son élimination pratique de notre vie spirituelle. Nous vivons d'’illusions, mais ces illusions forment le tissu même de notre vie, nous fournissent les bonnes et lés mauvaises heures de notre existence. Sans elles, nous serions peut-être plus clairvoyants, mais il n’ÿ aurait plus

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