PROUST
ue des procédés de style de Proust, elle permet moins de se rendre compte de l’étendue de son clavier, de la variété de ses moyens et de leur originalité. | Est-ce à dire que la langue et la syntaxe de ions
On ne dresse pas une masse aussi considérable sans y laisser des scories et des taches. Pourtant bien qu’il écrive dans ce but, applique l’épithète de notoire aux personnes, qu’il abuse des mots abstraits en tion, on peut dire qu’en général Proust use d’une bonne langue. Sa syntaxe est beaucoup plus inceraine. Il convient évidemment de mettre au compte es dactylographes, des typographes et des correcteurs bon nombre de fautes de français, mais il en reste encore beaucoup dont Proust est responsable. “En général, ces fautes portent sur la concordance “des temps, l'emploi du subjonctif ou du condionnel, l’abus de lequel, duquel, de laquelle, au lieu de qui, de dont. À quoi bon citer des exemples ? Si Proust avait vécu, il aurait aisément pu corriger es fautes vénielles et donner une édition définitive de son œuvre tout à fait correcte. Les fautes qu’il ommet sont non pas « à l’intérieur » de son français, mais « à la surface » : un léger grattage eût suffi à les faire disparaître. Et elles ne sauraient diminuer le prodigieux styliste que demeure Proust, le prosateur qui a sans doute tiré le plus grand nombre d ponts 190 POnes moderne. C’est une grande KR
rôle, dont l'extrême importance apparaîtra bientôt
En la libérant de la musicalité, de l'harmonie à tout prix dont Chateaubriand, Flaubert, Renan, France, Barrès avaient fait un dogme, en brisant le préjugé du style voyant, la poursuite de l'originalité à tout prix du style, conçu comme une répétition des mêmes effets, des mêmes GAUERAEATE comme | reflet invariable d’une personnalité, drapeau couvrant la marchandise d’un écrivain, me montrant par l’exemple qu'il doit y avoir “4 de styles que de phrases, Proust a rompu avec la. tradition romantique encore toute - puissante et ouvert la voie à un classicisme nouveau de la prose,
Il semble que de longtemps on ne pourra plus en France écrire de romans dignes de ce nom sans tenir compte de l’apport de Proust, que ce soit pour l'accueillir ou le rejeter. Cette immense fresque où chaque détail a le fini d’une miniature, cette «somme » d'une époque où chaque personnage vit de la vie la plus particularisée, cette tapisserie aussi belle à l’ envers qu’à l'endroit, où la vision d’ ensemble d’ un Balzac se double d’une analyse à la Stendhal et à la Benjamin Constant, rapetisse ou rejette dans l'ombre tous les romans parus en France depuis cinquante ans.
Mais cet amalgame, cette fusion de mérites d’ ot= dinaire antinomiques n’est que la moindre sl
1s l'œuvre de Proust. Proust a avant tout renoulé l'étude des sentiments, en les soumettant à une méthode positive, en montrant le rôle de l’imagina- “tion, de l'inconscient, de la mémoire, et leurs mennges ou leurs intermittences, dans notre vie spiriielle et plus particulièrement dans l'amour, la lousie, l’ambition et la vanité, en rendant sensibles utre part l’évolution et la transiormation des res dans la durée, l’incessante mobilité de notre ersonnalité. |
1 a osé se livrer à une étude approfondie (et non as seulement allusive) d’un certain nombre de sentints « parias », notamment la maladie et l’inversion uelle. Le premier, il a, dans un roman, surpris inconscient au moment où il est le plus désarmé : réveil, après un rêve, ou dans des tics, des gestes éditaires.
1 a obtenu ce résultat que les romans psycholoues les plus fouillés de la littérature française us paraissent désormais sans vérité ou vrais seuent d’une vérité partielle. Il a à la fois introduit ns le roman psychologique toutes les données de L psychologie expérimentale et porté l’introspection on point extrême. Il inaugure une revision générale la littérature psychologique. Il rend possible le our au- réalisme le plus simple, à l’étude des senents élémentaires grâce aux procédés nouveaux nvestigation, à l'optique nouvelle qu’il pratique. ouvre au roman psychologique des perspectives
mitées en montrant à la fois l'instabilité des
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