SCÈNE V
Vous êtes donc cannibale?..
COQUILLARD
Moins les délices de Capoue.
BRANCHU
Mais vous êtes un associé gênant...
COQUILLARD
Au contraire, voici mon plan : je vais trouver le c<5lon, je % lui conte nos malheurs, il s’apitoie, il joue la scène de la braise, nous revoyons les côtes de France, et gare à celle de nos ennemis! Qu'est-ce que vous en dites?
BRANCHU. ,
Superbe!., magnifique!., allons-y !..
COQUILLARD
AllonS-y!.. (Fausse sortie. Il s'arrête et s'essuie le front.) Credié !
j’ai chaud !
BRANCHU, désignant la fourrure.
Pourquoi n’ôtez-vous pas ça?
COQUILLARD
Tiens!., c’est juste !.. (il î-ote 4 moitié.) Ah! mais... voilà! je ne puis me présenter à cet indigène en bras de chemise... Ce serait incongru... ou pas a&sez naufragé... (Eiaminant Branchu en passant derrière lui.) Eh! niais,.. ,•
BRANCHU, inquiet.
Quoi?., quoi?..
COQUILLARD
Prêtez-moi votre jaquette \ . .... : q,- ,
Pourquoi faire ? , . . *
COQUILLARD. -
Avec ça je serai plus présentable...
BRANCHU
Ah !.. Olli!.. c'est juste!., voila. (Coquillard endosse la jaquette de Braoehu qui reste en pantalon et en chemise.)
COQUILLARD, fouillant dans la poehe.
Des papiers!., moi qui n’en, ai pas!., ça peut servir. Chut!., j’entends du bruit. , '
BRANCIIU.
Grand Dieu!., qu’est-ce que ça peut être?..
COQUILLARD
Le colon, sans doute... Attendons le moment favorable, (iu
se mettent ê l’écart, à gauche.)