SCÈNE III
JAMROSA.
Oui, cl alors vous en forez un Atar-Gnll...et un de ces jours je me réveillerai morte avéc un boa sur l’estomac.
VANDERBRUCK-
Ma parole d’honneur... tu es née pour me contrarier... Je veux battre mon bois d’ébène, tu te mets en travers... Je veux te marier, tu me dis non... Nous avons chaüd tous les deux, il n'y a que toi <jui as une capeline... 11 n’y a pas d’exemple qu’un père ait été ballotté par sa fille de cette manière-la... nom d’un coco!
JAMROSA.
Bah ! il y a un moyen de nous entendre : donnez-moi un mari de mon goût, et je le prendrai les yeux fermés. Jusqu’à présent vous ne m’avez proposé que de vieux singes de planteurs. Si vous n’avez rien de bien à m’offrir... faites m’en venir un de France.
VANDERBRUCK.
Tiens !... c’est une idée!...
JAMROSA-
De Paris surtout !.. oh ! . . Paris !... Paris ! . . Ce n’est que là que sont les poètes... ce n’est que de là que partent les vers dont se nourrit monàme...Un nouveau surtout... un drôle de nom, mais un talent bien sympathique.
VANDERBRUCK.
Oui!., oui!., les soirs où tu me le lis je dors bien mieux... Eh bien... c’est convenu ! j’écris à mon correspondant, et nous recevrons franco un mari... premier choix... Nous tâcherons qu’il fasse des vers. Et maintenant, poursuivons notre promenade, en attendant des nouvelles de mon fugitif.
JAMROSA.
Est-ce que vous croyez qu'il va être assez bête pour se laisser rattraper?
VANDERBRUCK.
Mais... j’en ai le doux espoir... Et la prime!... J’ai affiché une prime... J’ai amorcé par la cupidité l’ardeur de mes concitoyens.
JAMROSA, à part.
Bon!... alors je sais ce que j’ai à faire.
ENSEMBLE
Air de la Dot d'Auvergne.
VANDERBRUCK.
! L’espoir du gain, les anime :
Ils vont tous en un instant Courir ferme, pour la prime Que je leur promets comptant.
JAMROSA, A part.
Si le gain seul les anime.
De t’affiche en un instant
Je fais enlever la. prime :
Le marron sera content.
(Elle sort.)