‹ Virgile, son œuvre et son tempsChapitre 19 sur 74 · Ta modo nasccnli puero, que feirea primum · texte numérisé non relu

Ta modo nasccnli puero, que feirea primum

Desiiiet, ac toto surget gens aurea mundo,

Il était impossible que ce passage n'éveillât pas chez les chrétiens le souvenir de la prophétie d'Isaïe : Un rameau sortira du tronc de Jessé et une fleur croîtra de sa racine... Le loup habitera avec V agneau j et la panthère reposera avec le chevreau. Le veau, le lion et le bœuf vivront ensemble et un petit enfant les conduira... Et Veyifant s ébattra sur le trou de la vipère. Et V enfant à peine sevré mettra sa main sur la prunelle du basilic... Ces détails* concernant les bêtes ne se retrouvent pas dans les descriptions de Tàge d'or des poètes païens. Virgile les tenait donc d'une version d'oracle messianique, si toutefois il ne les a pas trouvés dans sa tendresse pour les animaux qu'il faisait ainsi participer au bonheur du siècle enchanté.

Mais quand tu connaîtras, à l'âge où l'enfant lit, Les héros, les hauts faits que ton père accomplit Et ce qu'est la vertu, nous verrons sur les plaines S'étendre peu à peu l'or souple des moissons; Le raisin suspendra ses rubis aux buissons; Le miel scintillera sur la feuille des chênes.

Il restera pourtant du vieil homme pervers Qu'il creusera la glèbe et tentera les mers.

Casla, fave, Lucina : tuus jam régnât Apollo.

Teque adoo deciis hoc aivi, te consule, iniijit, Poliio, et incipient Magni procedere Menses ïe duce. Si qua manent sceieris vestigia nostri, Irrita perpétua solvant formidine terras. Ille deura vilam accipiet, divisquo videbit Permixtos heroas, et ipse videbitur illis: Pacatumque reget patriis virtulibus orbem.

At tibi prima, puer, nullo munuscula cuitu Errantes hcderas passim cum baccarc tcUus ]\lixtaque ridenti colocasia lundet acantho. Ipsae lacté doraum réfèrent distenta capelkc Ubera, nec magnos metuent armenta leones. Ipsa tibi blandos fundeni cunabula ilorcs. Occidet et scrpens, et fallax herba venf ni Occidet; Assyrium vuJgo uascetur amomum.

LES BUCOLIQUES 6o

Et de remparts ceindra sa ville.

Tipliys au gouvernail, ses beaux guerriers à bord, L'Argo repartira pour d'autres toisons d'or. On reverra la guerre et, devant Troie, Achille '.

En effet, si nous nous reportons aux doctrines étrusques, tout recommençant, les guerres recommenceront. Alors, qu'y gagnerons-nous? Cette fois cependant il n'en sera pas ainsi. Fini, le travail ! Mort, le capital! Plus de négoce, plus de concurrence! J'aime à médire que ces choses ont été écrites en 39 avant Jésus-Christ.

Mais quand l'âge viril t'aura grandi, le pin Ne fera plus sur mer l'échange et le commerce; Et les flots seront même oubliés du marin- La terre produira tout, partout. Plus de herse Ni de serpe à la vigne et dans les champs herbeux, Le rude laboureur détellera ses bœufs.

La laine n'aura plus de couleur fausse à prendre. D'eux-mêmes, dans les prés, les béliers au poil blanc Se teindront de safran ou d'une pourpre tendre ; L'agneau se vêtira d'écarlate en paissant-.

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