Solem quis dicere falsum
Audeal? Ule eliam caecos instars tumultus
Sa?pe monet, fraudc-mque et operta tumescere bella.
Ille etiam exstincto miseratus Gaesare Romam,
Cum caput obscura nitidura lerrugine texit,
Impiaque aeternam limuorunt ssecula noctem.
Tempère quanquam illo lellus quoque, et œquora ponli^
Obscenœque canes, importunceque volucres,
Signa daliant. Quoties Cyclopum efïérverein agros
Vidimus undantem ruptis fornacibus ^^^tnarn,
Flammarumque globes liquefactaque volvere saxa !
Armorum sonitum toto Germania caelo
Audiit; insolitis tremuerunt motibus Alpes.
Vox quoque per lucos vulgo exaudita silentes
Ingens, et simulacra modis pallentia miris
Visa sub obscurum noclis; pecudesque locutge
Infanduml Sistunt amnes, terraeque dehiscunt.
Et meestum illacrimat templis ebnr, seraquo sudant.
Proluit insano contorquens vertice silvas
Fluviorum vcx Eridanus, camposque per omnes
Cum stabulis arraenta tulit. Nec tempore eodem
Tristibus aut extis fibree apparere minaces,
Aut puteis manare cruor cessavit, et altae
Per noctem resonare lupis ululanlibus urbes.
Non alias caelo ceciderunt plura sereno
Fulgura, nec diri toties arsere cometae.
Ergo inter sese paribus concurrrere telis Romanas acies iterum videre Philippi; Nec fuit indignum Superis bis sanguine nostro Eraathiam et latos Hœmi pinguescere campos. Scilicetet tempus veniet, cum finibus illis Agricola, incurvo terram molitus aratro, Exesa inveniet scabra robigine pila, Aut gravibus rastris galeas pulsabit inanes, Grandiaque efi'ossis mirabitur ossa sepulcris.
Géoryiques, I, 4b3-497,
géniosité. Virgile n'a pas un seul instant oublié le sujet dont il a Tâme remplie. Nul plus que le paysan n'a souffert de ces catastrophes. La terre abandonnée ou ravagée a payé la folie des maîtres de Rome. Et comme dans les Bucoliques il avait exprimé la plainte des campagnards dépossédés, c'est ici la terre italienne qui crie par sa bouche et qui appelle le Pacificateur.
Dieux Romains, Romulus, et toi Mère, ô Vesta, 0 gardienne du Tibre «Hrusque et de la Rome Uue des les anciens jours le Palatin porta, Le monde qui s'écroule appelle ce jeune homme. Ah! ne l'empêchez pas d'accourir, Dieux Romains I Nous avons trop payé les parjures de Troie. Déjà le ciel l'envie à^otre triste joie Kt se plaint qu'il s'a»de aux triomphes humains. Mais ici plus de juste et d'injuste. On se rue A la guerre, et le crime est partout. La charrue Sans honneur voit le champ qui n'est plus défriché. Le laboureur parti, la ferme inoccupée; Et le soc se redresse et s'aiguise en épée. Des villes, dont les murs se touchaient, ont tranché Leurs liens par le fer. Partout le monde éclate : Guerres en Germanie et guerres sur l'Euphrate. L'univers est en proie aux cruautés de Mars. Amsi hors des Carcers quand s'épandent les chars. L'homme en vain se roidit : son quadrige l'entraîne Et s'ajoute à l'espace et n'entend plus les rênes '.
Tel est ce premier livre des Géorgiques dont le caractère est surtout la gravité. L'amour de la nature y revêt une sorte de majesté religieuse. L'homme regarde alternativement la terre et le ciel. Le ciel le
Di pafrii, Indigetes, et Romule, V»staque mater, Quae Tuscum Tiberim et Rornana Paiatia servas, Hune saltem everso juvenem succurrere saeclo Ne prohibete! Satis jampridem sanguine nostro LaomidofiieaB luimus p.jtjuiia Trojœ.
Jampjidcm nobis cajli te rcgia, Ceesar
LES GéORGIQDES ! LES LABOURS 107
commande; la terre lui obéit. Il est l'imperator des sillons. Imperat arvis. Des dangers sont suspendus fcur sa tète et se dressent sous ses pas. Qu'importe? Il est averti. Les plus terribles sont encore ceux qui viennent de nos passions. Mais le Libérateur approche. Le poème, malgré quelques incertitudes et quelque embarras au milieu des détails qui encombrent sa marche, n'en garde pas moins une iière allure, et il se termine par une tempête épique dont on sent que le poète, qui l'a déchaînée, reste le maître comme plus tard son Neptune le sera des souilles orageux.
Iiîvidet, atqoe hominum queritur curare triumphos : Quippe ubi fas vcrsura atqu»>-|efas ; lot bella per orbîjm, Tam multas scelerum faciès :V*|.n iillus aratro Digniis honos ; squalcnt abduclis arva colonis. Et curvse riÊfiduni falces conl^antur in ensem. Hiuc movefEuphrales, illinc Gcrraania bellum ; Vicinae ruptis inler se legibus urbes Arma ferunt, sœvit toto Mars impius orbe. Ut. qiium Carcoribus sese efiudere quadrigae, A-ddunt in spalia, et frustra retinacula tendens Ftriur equis auriga, neque audit currus habenas.
Géûrgiques, I, 4G6-iin.