CHAPITRE I
Le tbéitre des Capucines. — Préâicifaii àe M. Horpy.
— Le Corps dt garde dans k théàire.
H est un nom justement célèbre p»ârmi les noms les plus célèbres des C43médiennes de ce siècle, un nom véritâttlement populaire et qui mérite à tous égards l'immense et brillante réputation dont il jouit, ce nom est celui de Déjazet,
Cette aimable acUice ne compte parmi les critiques que des adorateurs, et dans le public quedesentbousiâstes, des amis. Constater cette sympathie uniTerselle que Déjazet inspire, c'est
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Wwo l'ôloiic^ «lu Lîoul dos crititjucs et iln ]>iil)lic.
Le talon I de Dojazct est ori<iinal cl orcaleur. La vérité rraiCj, le naturol, Tcsprit, la grâce cl le charwCy ce don suprême, le charme, cette puissance magique, cet aimant (jui attire les : cœurs, (jui commande rattention; le charme, qui n'est |)as toujours la heaulé, mais qui vaut cent fois mieux que la branlé; le charme, qu'on ne peut définir, qu'on ne peut acquérir, celte flamme divine qui ilhimine la physionomie des grands artistes en leur donnant ce je ne sais quoi qui est la séduction, la grâce, Tirrésislibilité Déjazet a tout cela.
Pauline-Virginie Déjazet est née fi Paris, rue Saint-Lazare, le 30 août 1797. Elle n'avait que cinq ans lorsqu'elle débuta sur le théâtre des Capucines. Ce théâtre, comme onsait, était situe près la place Vendôme, avant que la rue de la Paix existât, quand un magnifique jardin ombrageait de ses arbres séculaires l'antique couvent des Capucines, dont il ne reste plus vestige aujourd'hui: couvent, jardin, théâtre, tout a disparu.
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M. Hurpy fut le preiiiioi' directeur de Dc^azet. C'était un brave et digne homme, qui avait la prélenliou de se connaître en artistes : aussi prédisait-il à la petite Virginie un immense succès comme danseuse. Selon lui, elle était appelée à brille; à TOpéra au premier rang. Jamais, disait-il, il n'avait vu jambe mieux faite, pied plus mignon, taille mieux prise, minois plus gracieux, plus agaçant. Tout le monde est encore aujourd'hui de son avis. Seulement, au lieu d'être une célèbre danseuse, Virginie Déjazet est une célèbre comédienne. Mais alors, disons-le, il était permis de se tromper sur son avenir. Thérèse Déjazet, qui faisait partie du corps de ballet de l'Opéra, voulait que Virginie, sa jeune sœur, suivît la même carrière : aussi lui donnait-elle des leçons et lui en faisait-elle donner par Gardel, son profes^ seur, un des premiers chorégraphes de ce temps-là.
Virginie travaillait avec tant d'ardeur, que sa sœur Thérèse craignit qu'elle ne se fatiguât trop; et, pour maîtriser la fougue impétueuse
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dorenfant, autant que pourlui ouvrir une autre carrière dans le cas où la danse viendrait à fatiguer sa poitrine délicate^ elle chertha à lili inspirer le goût de la comédie, et lui présenta si adroitement ce nouveau travail, que Virginie le regardait comme une récompensé du prcrriier. Quand, le matin, M. Gardel était satisfait de son élève, quand la leçon de danse avait été bonne, Thérèse apprenait à la petite Virginie quelques lignes de Fanchon toute seule, vaudeville en un acte de M. Ponnet. Et la petite Virginie était heureuse potlr tout le jôilr. On ne savait pluîi si elle dansait par amoiir pour la danse ou par amour pour la comédie, cette douce récompense qu'enfant elle préférait à tous ses joujoux. Femme, elle la préfère encore à tous les plaisirs.
Virginie Déjazet débuta donc en qualité d'actrice première danseuse sur le théâtre des Capucines. Le jour de son début, elle obtint un immense succès; on lui jeta des dragées, des oranges, des bonbons, des gâteaux. Aussi se ditelle à elle-même après là pièce : — « Ah ! quel