CHAPITRE m
nicrs, ou les Ecoliers en vacances, conicilic en un acte, mêlée de couplets, de Merle et Brazier, représentée pour la première fois à ce théâtre le 4 mai 1813. La débutante eut le malheur plus grand encore d'obtenir un véritable succès dans cette pièce, qui était déjà vieille de plusieurs années; Virginie était réellement ravissante avec son habit et son pantalon bleu, et son petit gilet à boutons blancs; elle portait si crânement son chapeau militaire, ses galons de sergent, et sa cocarde blanche, et ses ileurs de lis, qu'on l'eût prise volontiers pour un véritable lycéen.
Potier, Aldegonde , madame Mcngozzi et Vernet- (qui jouait André, l'amant de Nicette) étaient tous étonnés de son aplomb, surtout de son intelligence scénique, de la facilité et de l'élégance qu'elle avait à porter l'uniforme, Brunct lui-même la trouvait charmante. . . Mais Pauline, qui dirigeait alors le directeur, Pauline, qui occupait au théâtre desVariétés la première position, Pauline, qui était la sultane favorite de celui qui était appelé à créer plus
U VIU(,IME DËJAZET.
lard le laineux pacha Schahaljaham, do l'ébourifTante farce de MM. Scribe cl Xavier {fOurs et le Parhn), Pauline persuada au trop faible Brunet que la petite Virginie était inutile. Brunet le crut ou feignit de le croire. Pour ne pas irriter sa divine sultane, par nmour pour son repos et pour ne point exciter la jalousie de Pauline, // ne fit plus jouer Virginie.
Virginie attendit patiemment pendant six grands mois, mais en vain. Fatiguée de ne rien faire, et ne pouvant plus douter de la mauvaise disposition de l'administration à son égard, elle signifia à Brunet qu'elle voulait quitter les Variétés. Brunet la laissa partir presque avec joie.
Lorsque Potier apprit cette rupture , il dit franchement à Brunet :
— Tu fais une grande sottise. Cette petite
Virginie y crois-moi , ira loin. Il y a en elle
V étoffe d'une véritable comédienne, et tu n'as à ton théâtre que des actrices.