‹ Virginie DejazetChapitre 29 sur 92 · CHAPITRE VI. no · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. no

— Jo pltnirnis, tant j'étais heureuse d'eutendre un si beau talent.

— Et moi, je sens une larme rien qu'à votre récit, dit le magistrat en se mouchant Ijruyamment.

— Je suis sûre , monsieur le commissaire, que vous auriez fait comme moi.

— Ma foi, oui.

— Seulement vous ne vous seriez pas envoyé le lendemain en prison.

— Ma foi, non.

— Et voilà la justice...

— La justice est juste, mademoiselle, reprit le commissaire en cherchant à rendre à sa physionomie sa sévérité accoutumée. — Vovons re-

lisons ensemble Tarticle 13 « Tout acteur

» ou actrice jouant ou ne jouant pas, qui se fera » voir dans les coulisses »

— D'abord, monsieur le commissaire, interrompit Déjazet, je n'étais poiht dans les coulisses, mais sur la scène.

iUO VIHGIMK DLlJAZtT.

— C'est vrai, reprit le luagislrat, l'article 13 dil : a(jui sr fera voir dans les coulisses de son théâtre. »

— De son théâtre, s'écria Déjnzet en pesant sur clia(pie mol. — Or, j'appniiicns au personnel du Théâtre-Français, et non à celui de l'Opéra; donc, rOpéra n'étant pas mon théâtre , il n'y a pas lieu à l'application de la peine, à moins que vous ne prétendiez que l'esprit de l'article

— L'esprit de l'article ne saurait lutter contre le vôtre, mademoiselle ; je vous fais grâce de la prison.

— Et l'amende ?

— L'amende, je la maintiens, mais j'en modifie la nature.

— Je ne comprend pas.

— Pour seule amende je vous impose l'obligation de me permettre de vous rendre votre visite. Nous parlerons musique.

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— Et de la princesse de Babylone , ajouta malii^iieinent Déjazet, puis elle se leva.

Le commissaire général la reconduisit en souriant jusqu'à la porte de son cabinet.

Très-certainement Déjazet n'en eût pas été quitte à si bon compte si ce digne magistrat n'eut eu un goût très-prononcé pour l'opéra, et [)articulièrement pour la princease de Babyloue.

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