CHAPITRE YIl
J^lisa Jacops. — Retour à Paris. — Débuts au Gymnase. — Service rendu , impertinence reçue.
Élisa Jacops était aussi à Bordeaux en 1820. Celle pelile personne délestait cordialement Déjazet, et comme elle était assez jolie femme et fort peu cruelle , elle comptait beaucoup d'amis. Élisa Jacops était adroite autant que fine; elle avait dans ce temps-là une voix assez fraîche, (|u'clle maniait avec goût; elle avait un petit air assez malin, mais point d'originalité, point de composition, point d'étude; elle était paresseuse avec délices, vivait sans frein et sans mesure, et faisait un étrange abus du cham-
100 MIK.INIK DÉJAZKT.
pa^nio, qir«^llo a(T(M-li(innait parlirulii'remcnt. VA\<{\ Jacops (Mail pliilot une viveuse qiriinc artiste, uneremmede plaisir qu'une comédienne.
Ce genre d'actrices a existé de tout temps. Mais que deviennent ces reines de la mode, après avoir obtenu un succès d^m jour ?. . . Ainsi qu'l^lisa Jacops, elles disparaissent, usées avant Tàge, n'ayant plus à trente ans ni gentillesse, ni enjouement, ni grâce, ni jeunesse, ni beauté.
Élisa Jacops, en 1820, était la rivale de Virginie Déjazet ; qUc lui disputait les rôles, elle lui disputait ses succès; souvent la cabale lui faisait des ovations triompbales, et quelquefois même elle méritait ces ovations. Aujourdlmi, qu'est-elle devenue ? Oh est-elle? Qui le sait?. . . Cependant elle vint à Paris débuter au Gymnase, puis au tbéâtre de la Porte-Saint-Marlin, dans ïe Fifre et le Tambour. Elle passa un instant aux Variétés... elle passa sans laisser sa trace.
trente-cinq années se sont écoulées depuis