‹ Virginie DejazetChapitre 41 sur 92 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

mic vérilable roiiie , et le public ou plntnl sa cour et ses sujets payaient avec joie Finipôt, poui- jouir du bonheur de la voir et de la fêter.

Mais cette heureuse et belle vie , ces triomphes inusités, cet amour général, devaient être troublés par <juel(|ues chagrins. Il n'est point de bonheur parfait ici-bas...

Déjazet, malgré son (aient, sa réputation immense, ses succès, fut toujours une bonne /ille, très-modeste, très-aimable, très-bienveillante, Irès-abordable. Elle ne se posait point en célébrité devant ses camarades, ne s'isolait point, no défendait pas sa porte, et passait très-souvent des heures entières au foyer comme une simple choriste.

Il faut qu'on sache qu'au théâtre du Palais-

Hoyal il n'y a qu'un seul foyer pour les artistes,

les choristes et les musiciens. C'est une petite

salle basse, longue, étroite, où l'air manque.

Cette salle est décorée d'un pauvre coucou,

de deux ban(|uettes scellées aux nnjrs ci fort

\o\ VllUaMl- DÉJAZET.

mal rembourrées : voilà tout rameublemeiit.

Une femme a vraiment (juelqiie mérite à hanlcr ce lieu. Mais on y était gai, on y riait, on y était heureux, unis, amis, et Déjazet y brillait encore par son esprit de tous les jours et par son aimable abandon. Et puis, dans ce temps-là, les artistes du Palais-Royal formaient une véritable famille ; tous éprouvaient un réel plaisir à se voir, à se serrer la main chaque soir dans ce petit foyer.

Déjazet, prévenante et bonne, ne manquait jamais de s'informer de la santé de chacun; elle parlait à tous, trouvait toujours quelquesunes de ces aimables et douces paroles qui font tant de plaisir lorsqu'elles sont adressées par une célébrité.

Un soir, après avoir joué Jean-Jacques dans 1rs Charmettes, en entrant au foyer suivant son habitude, elle aperçoit dans l'embrasure de la jMjtile fenêtre qui donne sur lé jardin du Palais, un des plus jeunes musiciens de l'orches-

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