‹ Virginie DejazetChapitre 42 sur 92 · CHAPITRE IX. lo · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. lo

tre se lenanl à l'écart, et qui, pale cL rêveur, fixait sur elle un mélancolique et triste regard.

Elle s'approche aussitôt du jeune artiste et lui demande ce qu'il a.

Celui-ci garde le silence.

— Mon cher Victor, nous sommes déjà de vieilles connaissances; vous savez que je suis très-curieuse ; comment se fait-il que vous, si gai d'ordinaire, vous soyez si triste et si sombre depuis ([uelque temps? Qu'avez-vous donc?

— Mais rien, madame, je vous jure.

— Quelque peine de cœur?

— Moi!

— Quelque chagrin d'artiste?

— Non, madame !

— Auricz-vous perdu quel([ucs élèves?

i:>6 vinr.iiME dkjazl:!.

— Non vraiiiKMil.

— Etcs-vous soufTraiil ?

— Non pas.

— Mon cher ami , vous êtes ce soir fermé à double lour. « yon madimir , non vraiment, no)i pas, » on ne saurait décliner Tadverbe négatif d'une façon plus variée. Pardon de mon indiscrétion.

Voyant qu'il ne voulait rien dire^ elle le quitta pour s'adressera quelque joyeux habitué du foyer.

Ce jeune musicien à qui Déjazet venait de parler était la petite flûte de l'orchestre du ..Palais-Royal. Premier prix du Conservatoire, élève de Tulou , âgé de vingt ans à peine , Hector F... faisait honneur à son illustre professeur. Timide, peu causeur^ peu communiralifj il n'avait eu jusqu'à ce jour d'autres conversations avec Déjazx't que celles du foyer, causeries interrompues, sans suite ni durée, causeries bandes , dont la pluie et le beau

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