‹ Virginie DejazetChapitre 53 sur 92 · CHAPITRE XI. 20o · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. 20o

soiKl.iino fut pour elle un bonheur inattendu. Cet ami s'a[)pelait M. Lera; il était alors commissaire central de la ville.

Déjazet ne pouvait faire en cette occasion une rencontre plus favorable au but de sW voyage.

Après les premiers compliments d'usage, M. Lera lui demanda par quel heureux hasard il la rencontrait à Ham et ce qu'elle venait faire dans cette ville.

— Visiter le Prince , mon cher Lera ; et si vous avez quelque crédit sur l'esprit du commandant de la forteresse, vous me ferez le plus grand plaisir de l'employer à satisfaire mon envie, répondit-elle.

— Impossible , ma chère Virginie, la consigne est on ne peut plus sévère. Pour visiter le Prince, il faut une permission du ministre. Mais puisque vous êtes si désireuse de le voir, venez avec moi de ce côté; voici l'heure à

laquelle il lait sa promenade lialnluelle sur les remparts. Si \(^u^ ne pouvez l'approcher et lui parler, au moins vous l'apercevrez de loin, et il vous verra; c'est ainsi qu'il reçoit les visites tousses amisinconnuSjCt ils sont nombreux.

Déjazet ne se le fit pas dire deux fois, elle suivit son obligeant ami, et, chemin faisant, elle le pressa de questions sur les détails de la vie du Prince, sur ses arrangements intérieurs.

— Oh ! quant aux arrangements intérieurs, — répondit M. Lera, — c'est M. de Lardenois, lieutenant-colonel de gendarmerie, qui a réglé les dépenses de table, et elles ne grèvent pas le budget de l'État.

— Vous en connaissez le chiffre?

— Sept francs par jour.

— Sept francs !... s'écria Déjazet avec le [»ln< grand élcmnemcnt, — Sopf fi'ancs pour la tabh» d'un Prince?... La mienne me coûte davantage.

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